PERMISSION CONJUGALE : Entre devoir d’épouse et conseils des donneurs de leçons sur les réseaux sociaux

Alfred ADJOMAGBOSSOU
4 min de lecture

(Chronique de Valentin AKODEDJRO)

Depuis quelques jours, une question fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux. L’on se demande si la femme doit demander la permission à son mari avant de sortir. Certains prétendus coachs sur Facebook donnent leur avis en parlant de liberté, d’égalité ou encore de droits de la femme. Mais dans tout ce bruit, on oublie que nous vivons dans une société africaine avec ses propres valeurs, son histoire et sa culture. Je me permets ici de m’écarter de cette cacophonie. Non pas que je me veuille maître en art conjugal ou – « couplologue  » – pour user d’un néologisme de circonstance-, mais plutôt parce que l’honneur, la vérité et la mémoire m’enjoignent de rappeler un ordre naturel et  » ancestral » dont la négation ne produit que déséquilibres et illusions.

Dans la matrice sociétale africaine, l’homme est investi autorité domestique. Ce n’est pas par volonté d’asservissement, mais parce qu’il porte sur ses épaules la lourde charge de la protection, de la stabilité et de la continuité. Le mariage, ce pacte sacré entre deux âmes, n’est point une démocratie à deux têtes, mais une embarcation qui ne saurait supporter deux capitaines sans chavirer. Je vous conduis dans deux mondes fonctionnels qui illustrent ma logique. Dans Les Bouts de bois de Dieu d’Ousmane Sembène, le personnage Ramatoulaye est une femme forte et courageuse. Mais même dans sa lutte contre l’injustice, elle agit en pensant à son mari décédé. Cela montre qu’elle respecte encore l’autorité qu’il avait sur le foyer.

Dans Le Monde s’effondre de Chinua Achebe, un grand auteur nigérian, le personnage Okonkwo est un homme respecté dans son village. Ses femmes ne prennent jamais de décisions importantes sans lui. Et quand sa seconde épouse, Ekwefi, part sans le prévenir, cela crée un grand conflit. Pas seulement parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle a agi sans respecter l’ordre établi dans leur foyer. Ces deux auteurs nous ont largement prouvé cette évidence.

Ainsi donc, loin des clameurs sur les réseaux sociaux, rappelons que dans notre univers africain, la femme se doit de demander la permission à son mari avant de sortir. Ce n’est ni oppression ni archaïsme, mais simple fidélité à une sagesse millénaire. Car vouloir égaler l’homme en rôle, c’est méconnaître la complémentarité des fonctions, et faire de l’harmonie conjugale un champ de bataille idéologique. Cela ne veut pas dire qu’elle est soumise, mais qu’elle respecte l’engagement que symbolise la dot.

Certains diront que l’homme aussi doit informer sa femme quand il sort. Et c’est vrai. Mais chez lui, ce n’est pas une obligation. C’est une marque de respect, une façon de montrer qu’il considère sa femme. Ce n’est pas la même chose. Car si un malheur arrive à la femme, c’est l’homme qui sera tenu responsable devant la famille et la société. Ce n’est pas un militant sur Facebook qui répondra à sa place.

C’est ainsi que notre société fonctionne depuis toujours. Chacun a son rôle. Vouloir tout mélanger, c’est risquer de briser l’équilibre du couple.

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