DE PUTSCHISTE AU PRÉSIDENT DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU : Oligui Nguema conquit le cœur des Gabonais

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Le peuple gabonais a élu son nouveau président après une transition politique marquée par un coup d’État. Brice Oligui Nguema, ancien général putschiste et acteur clé de la destitution du président Ali Bongo en août 2023, a remporté l’élection présidentielle avec un score impressionnant de 90,35 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés le 13 avril par le ministère de l’Intérieur. Ce scrutin a eu lieu ce dimanche 13 avril, 19 mois après le renversement de la dynastie Bongo, un renouveau majeur dans l’histoire politique du pays.

Bien perçu comme le favori du scrutin, Oligui Nguema se trouve confronté à une opposition qui lui reprochait de vouloir perpétuer un système qu’il avait pourtant promis de changer. Son principal adversaire, Alain-Claude Bilie By Nze, n’a recueilli que 3,02 % des suffrages, tandis que les autres candidats ont tous obtenu moins de 1 %. Le taux de participation a été de 70,4 %, un chiffre notable dans le contexte d’une élection marquée par une campagne très dominée par le général en transition. En dépit des accusations de vouloir confisquer le pouvoir, il a été élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois.

Oligui Nguema, qui avait initialement annoncé son intention de rendre le pouvoir aux civils, a finalement décidé de se présenter à l’élection présidentielle après avoir pris une mise en disponibilité de l’armée. Durant la campagne électorale, il s’est présenté comme un candidat du peuple, avec des affiches omniprésentes dans l’espace public. Toutefois, ses opposants ont dénoncé sa candidature comme une dérive autoritaire, estimant qu’il incarne une continuité du régime Bongo, en dépit de ses promesses de changement.

La victoire d’Oligui Nguema s’inscrit dans un contexte où la constitution du Gabon a été modifiée pour renforcer les pouvoirs présidentiels, avec notamment la suppression du poste de Premier ministre au profit de la création d’un poste de vice-président. Cette nouvelle organisation politique pourrait changer la dynamique de gouvernance du pays, donnant au président élu des pouvoirs plus étendus. Avec cette élection, le Gabon entame une nouvelle phase politique, mais le défi de réussir la transition démocratique reste immense.

✍️ Borel AWANOU

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