CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ DE DÉVELOPPEMENT DES SEMENCES VÉGÉTALES ET DES PLANTS AU BÉNIN : Les agriculteurs face aux contraintes logistiques et défis économiques

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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La création d’une société consacrée au développement des semences végétales et plants est annoncée au Bénin. La décision a été prise en conseil des ministres du mercredi 24 janvier 2024. La nouvelle structure est la réponse du gouvernement aux difficultés des agriculteurs en matière de semences.

LA PRODUCTION, L’AGRÉGATION, L’IMPORTATION ET LA DISTRIBUTION DES PLANTS SERONT DÉSORMAIS RÉGLEMENTÉES AU BÉNIN.

Autrefois, la production de semences au Bénin est dominée par l’informel avec des méthodes d’approvisionnement que le gouvernement juge “peu efficaces”. Dans ces conditions, le gouvernement pense qu’il est pertinent de mettre en place un système semencier formel afin de garantir la qualité des semences et des plants avec une traçabilité nette depuis la sélection jusqu’à la commercialisation. Faut-il noter que cette récente décision gouvernementale de créer la Société de Développement des Semences végétales et des Plants au Bénin soulève des inquiétudes significatives du côté des agriculteurs, préoccupés par les conséquences potentiellement négatives de cette initiative.

Bien vrai, le marché des semences au Bénin était largement influencé par des pratiques informelles, notamment des méthodes d’approvisionnement. La nouvelle régulation, qui encadre la production, l’agrégation, l’importation et la distribution des plants, pourrait bouleverser les habitudes des agriculteurs qui réservaient une part importante de leurs récoltes comme semences pour les saisons à venir. L’impact immédiat se ressentira dans le fait que près de 80% des semences végétales sont actuellement utilisées dans les exploitations agricoles. La nécessité d’une traçabilité nette depuis la sélection jusqu’à la commercialisation, prônée par la nouvelle société, pourrait entraîner des coûts supplémentaires et des contraintes logistiques pour les agriculteurs déjà confrontés à des défis financiers.

La réglementation stricte de la nouvelle entité, limitant l’utilisation de semences et plants certifiés, à l’exception des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), suscite également des interrogations. Les agriculteurs pourraient faire face à des obstacles pour s’adapter à ces nouvelles normes, potentiellement affectant leur productivité et leurs choix agricoles. Bien que la création de la Société de Développement des Semences vise à organiser l’industrie semencière, les agriculteurs redoutent une bureaucratisation excessive qui pourrait entraver leur flexibilité et leur capacité à s’adapter rapidement aux conditions changeantes du marché.

Les agriculteurs, face aux coûts supplémentaires des produits, aux contraintes logistiques et même à une possible rigidité réglementaire, sont aussi confrontés à des défis économiques, et restent donc vigilants quant aux répercussions négatives potentielles sur leur activité quotidienne et sur la viabilité à long terme de leurs exploitations.

✍️ Wilfried Judicaël DJEHLI

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