AFFAIRE FRÈRE HOUNVI : Éternels rebondissements, le procès de Steeve Amoussou reporté au 7 avril 2025

Alfred ADJOMAGBOSSOU
3 min de lecture

Le procès de Steeve Amoussou, soupçonné d’être derrière le pseudonyme « Frère Hounvi », a repris ce lundi 10 mars 2025, devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Cette affaire, qui secoue le Bénin depuis plusieurs mois, a pris une tournure houleuse lors de cette audience. Accusé de propagation de fausses informations et d’incitation à la haine, Amoussou a vigoureusement nié être l’auteur des chroniques publiées sous le nom de « Frère Hounvi ». Selon lui, ce pseudonyme serait une entité virtuelle, et non une personne réelle.

Lors de son audition, Amoussou a expliqué qu’il ne gérait pas directement la page Facebook « Frère Hounvi ». Il a précisé que cette page était un espace de discussion sociopolitique où les opinions pouvaient être librement échangées. Il a également rejeté les accusations liant son nom à des personnalités comme Olivier de Montaguère et Ferréol Akuesson, deux collaborateurs présumés impliqués dans une affaire de cybercriminalité. L’avocat du prévenu a montré le flou entourant les preuves concernant la gestion de la page, à travers l’absence de certitudes quant à son rôle dans cette affaire.

Les échanges au tribunal se sont intensifiés lorsqu’une mention de son passé en tant que personnage d’Agbokou a été évoquée. Amoussou a expliqué avoir quitté ce rôle après avoir subi des menaces et agressions en raison de ses critiques contre le régime en place. Cette situation l’aurait contraint à se mettre en clandestinité. L’accusé a défendu sa position en insistant sur l’importance de la liberté d’expression et de la démocratie.

Cependant, l’affaire n’a pas été épargnée par des rebondissements juridiques. En décembre 2024, la Cour constitutionnelle du Bénin a jugé irrecevable la demande de remise en liberté provisoire de Steeve Amoussou. Cette décision a renforcé la position de la justice béninoise, qui considère cette affaire comme une priorité. Les avocats de la défense, pour leur part, ont mis en doute la légitimité de la procédure, soulignant l’absence de victime directe dans cette affaire. L’un des avocats a même comparé les chroniques de « Frère Hounvi » à l’hymne national, suggérant que si celles-ci étaient condamnées, il faudrait en faire de même pour le second.

Face à la tension croissante, l’audience du 10 mars a été suspendue et renvoyée au lundi 7 avril 2025. Le tribunal n’a pas encore pu se prononcer sur les faits, et laisse ainsi les parties en attente d’une décision. L’opinion publique reste attentive, l’affaire étant suivie de près en raison de ses implications sur la liberté d’expression et la régulation des informations publiques.

Les prochaines étapes du procès devraient apporter davantage de clarté, mais l’attente reste intense quant à la suite de ce dossier emblématique pour la société béninoise.

✍️ Borel AWANOU

Vues totales: 0
Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *