FALSIFICATION DE DOCUMENTS DANS LE CADRE DES ÉLECTIONS COMMUNALES ET LÉGISLATIVES DE 2026 : Des cadres du parti « Les Démocrates » bientôt à la CRIET

Alfred ADJOMAGBOSSOU
3 min de lecture

Une affaire de falsification de documents électoraux secoue actuellement la scène politique béninoise. Le Procureur Spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a révélé dans un communiqué de presse une enquête sur des soupçons de faux et usage de faux impliquant des responsables du parti d’opposition Les Démocrates.

L’affaire éclate dans le contexte de la préparation des élections communales et législatives prévues pour janvier 2026. Le Code électoral béninois impose aux partis politiques de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour pouvoir participer au scrutin, une exigence que « Les Démocrates » auraient eu des difficultés à satisfaire. Selon les enquêteurs de la Direction de la police judiciaire, face à l’impossibilité de désigner des candidats dans certaines circonscriptions, des responsables du parti auraient orchestré un système de falsification documentaire. Ils auraient sollicité frauduleusement des duplicatas de quitus fiscaux et de casiers judiciaires au nom de personnes n’ayant parfois aucun lien avec leur formation politique. Pour contourner les procédures strictes de délivrance de ces documents officiels, qui exigent une remise en mains propres au demandeur ou à un mandataire dûment habilité, les suspects auraient confectionné de fausses procurations. La supercherie a été découverte suite à une plainte déposée le 6 novembre 2024 par la Direction générale des Impôts. L’enquête a révélé deux preuves accablantes :

• Les signatures sur les procurations ne correspondaient pas à celles figurant sur les Certificats d’identification personnelle des supposés demandeurs

• Les personnes dont l’identité avait été usurpée ont toutes nié avoir délivré de telles procurations lors de leurs auditions. Deux individus ont déjà été interpellés à la Direction générale des impôts, trouvés en possession de procurations falsifiées. Les faits pourraient être qualifiés de faux et usage de faux ainsi que de fraude en matière électorale, des infractions passibles de un à cinq ans d’emprisonnement.

Le Procureur Spécial, Élonm Mario METONOU, a indiqué que les investigations se poursuivent pour identifier l’ensemble du réseau impliqué et établir toutes les responsabilités. Il s’est engagé à tenir le public informé de l’évolution de cette affaire qui pourrait avoir des répercussions significatives sur le paysage politique béninois à l’approche des élections de 2026.

✍️ Amos Doctoro GBOYOU

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