Depuis sa nomination à la tête de la Préfecture du Département du Couffo, Maître Rufino Marcellino Sosthène D’ALMEIDA imprime une gouvernance résolument tournée vers l’action et la prospérité des territoires ruraux. Réunissant les maires des six communes sous sa tutelle à la suite de la tournée d’immersion réalisée quelques jours plus tôt, le Préfet a présenté une feuille de route articulée autour de quatre résolutions majeures, toutes fondées sur le principe de mutualisation des ressources et portées par un Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) : la Communauté des Communes du Couffo (CCC).
Dans un contexte où les communes béninoises font face à des contraintes budgétaires persistantes et à des besoins de développement croissants, la réunion convoquée par le Préfet D’ALMEIDA a marqué un tournant décisif dans la gouvernance du Couffo. Rompu aux mécanismes du droit public, de l’urbanisme et de l’administration territoriale, le nouveau Préfet a su imposer d’emblée une méthode : celle du diagnostic partagé, de la planification concertée et de la coopération institutionnelle structurée. L’expérience acquise à la tête de la commune de Bohicon a permis à l’autorité préfectorale d’identifier les besoins des communes du Couffo. Ces besoins passent par une action cruciale et centrale : la mutualisation des énergies.
LA COMMUNAUTÉ DES COMMUNES DU COUFFO (CCC) : PIERRE ANGULAIRE D’UNE GOUVERNANCE MUTUALISÉE
La première et principale résolution adoptée lors de cette rencontre est la création de la Communauté des Communes du Couffo (CCC), un Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) destiné à fédérer les énergies, les compétences et les moyens financiers des communes membres. Cette structure novatrice dans le paysage institutionnel du département constitue le socle organisationnel sur lequel reposeront l’ensemble des projets définis dans la feuille de route. À l’image des intercommunalités qui ont transformé la gestion des territoires ruraux en Europe et dans plusieurs pays africains pionniers, la CCC permettra de mutualiser les équipements, d’optimiser les actions, de porter des projets d’investissement à une échelle supra communale et d’accroître le poids des communes du Couffo dans les négociations avec les partenaires techniques et financiers. Pour le Préfet D’ALMEIDA, cette coopération n’est pas un simple outil administratif : elle est la condition sine qua non de l’efficacité de toutes les autres actions envisagées. Cette communauté portera des actions concrètes.
DES FORÊTS COMMUNALES POUR RENFORCER LES FINANCES LOCALES
La deuxième résolution majeure porte sur la création de forêts communales dans les différentes communes du département. Loin d’une approche purement environnementale, cette initiative s’inscrit dans une logique de valorisation économique durable des ressources naturelles locales. Les produits ligneux à vocation commerciale générés par ces forêts viendront en effet alimenter directement les recettes propres des communes, dont la dépendance aux transferts de l’État central demeure une fragilité structurelle. Cette vision conjugue ainsi deux impératifs souvent présentés comme antagonistes : la préservation du couvert végétal, enjeu majeur dans un département exposé aux effets du changement climatique, et la mobilisation de ressources financières endogènes pour financer le développement local. La CCC jouera à cet égard un rôle déterminant, en assurant la gestion intercommunale de ces espaces forestiers. Outre les ressources forestières artificielles, d’autres ressources naturelles pourraient faciliter la mobilisation des ressources financières à travers la CCC.
MISE EN VALEUR DES PUITS ARTÉSIENS : QUAND L’EAU DEVIENT UN VÉRITABLE LEVIER DE DÉVELOPPEMENT
Le Département du Couffo recèle un potentiel hydrogéologique encore insuffisamment exploité, matérialisé par la présence de puits artésiens dans plusieurs communes. La feuille de route du Préfet prévoit leur mise en valeur systématique, avec pour double objectif d’améliorer l’accès à l’eau potable des populations, en particulier dans les zones rurales enclavées et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la commercialisation à travers la création d’une unité d’embouteillage et des structures de commercialisation. En inscrivant cette valorisation dans le cadre de l’EPCI, le Préfet entend garantir une gestion coordonnée, transparente et pérenne de cette ressource stratégique, dans l’intérêt de l’ensemble des communes bénéficiaires.
UN MARCHÉ RÉGIONAL À TOVIKLIN : PALLIER UN VIDE ÉCONOMIQUE ET DYNAMISER LES ÉCHANGES
Quatrième résolution de cette feuille de route, la création d’un marché à caractère régional dans la commune de Toviklin. Ce projet répond à un constat précis et documenté : l’absence de marché de jour qui constitue un frein majeur à l’essor économique de cette commune et prive les producteurs locaux d’un débouché structuré pour leurs produits. En dotant Toviklin d’une infrastructure commerciale d’envergure régionale, le Préfet D’ALMEIDA entend corriger cette inégalité territoriale et transformer la commune en un pôle d’attraction économique pour l’ensemble du bassin de vie environnant. À travers cette feuille de route, le Préfet Rufino D’ALMEIDA confirme son positionnement en acteur de développement territorial autant qu’en autorité de tutelle. Son profil atypique (avocat inscrit au Barreau de Paris, ancien Directeur de Cabinet du Ministre du Plan et du Développement, maire bâtisseur primé sur les plans national, régional et international lui confère une vision à la fois technique, juridique et stratégique qui transparaît dans chacune des initiatives présentées. Davantage qu’un simple programme sectoriel, la feuille de route présentée aux maires du Couffo traduit une philosophie de gouvernance : celle d’un État déconcentré qui accompagne, fédère et catalyse les initiatives locales, plutôt que de se substituer à elles. Le défi qui s’annonce est désormais celui de la mise en œuvre, de la mobilisation des financements et de l’adhésion durable de toutes les communes parties prenantes.


