Les étudiants du département des Lettres Modernes (Lm) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) sont très remontés contre leurs autorités. Et pour cause, ils exigent la supression des soutenances de fin de cycle de Licence et le recrutement en urgence des enseignants qualifiés.
✍️Germain ALOZE (Stg)
C’est un bras de fer qui règne actuellement entre les étudiants modernistes de l’Uac et les autorités universitaires de ce haut lieu du savoir. Essoufflés par d’énormes hics, les disciplines de Molière de la première Université publique du Bénin ont décidé d’élever le ton et se faire entendre. Au détour d’une Assemblée Générale (Ag) tenue le vendredi 3 Mars 2023, ils ont exigé la suppression des soutenances de licence et le recrutement en urgence des enseignants de bonne facture. Et si ces exigences ne sont pas satisfaites dans de meilleurs délais, ils comptent aller à une grève générale.
Ce sont en effet les deux principales exigences adressées au recteur de l’Uac par les étudiants des lettres modernes après cette Ag. Ils n’apprécient plus les soutenances de fin de cycle de Licence qui ne les arrangent pas d’ailleurs. « Trois promotions d’étudiants à savoir : 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022 ayant déjà validé toutes les Unités d’Enseignement (Ue), n’ont toujours pas été appelées à soutenir. Pire, ce n’est qu’en décembre 2022 que ce nombre pléthorique d’étudiants fut invité à déposer les protocoles de mémoire, dont on a aucune suite jusqu’à présent. À part ces promotions entre autres citées, d’autre promotions antérieures à celle de 2019 sont aussi dans la même situation », ont-ils fait savoir.
Contrairement à eux, les autres étudiants des autres entités comme la Faculté de Droit et de Science Politique (Fadesp) et la Faculté des Sciences Technologiques (Fast) pour ne citer que celles là, se font libérés simplement après la validation de toutes les Ue. L’annulation de la soutenance permettra « de libérer plus facilement et rapidement les étudiants en fin de formation à l’instar des facultés sœurs comme la Fadesp et la Fast », ont-ils estimé. À les en croire, le manque criant d’enseignants qualifiés au sein du département des Lettres Modernes est à l’origine de ce retard continuel observé dans les soutenances. Pour preuve, ils exposent que le département des Lettres Modernes de l’Uac ne compte actuellement que huit (8) enseignants. Ils n’arrivent donc pas à assurer correctement leurs heures de cours à l’instar des autres Universités du Bénin. De même, la correction des copies d’évaluations des milliers d’étudiants des Lettres Modernes constitue un véritable problème pour ses enseignants parce qu’étant en nombre très restreint.
Par ailleurs, les signataires de la lettre adressée à l’autorité rectorale menacent de passer à la vitesse supérieure si rien n’est fait dans un délai raisonnable. « Une audience urgente avec les responsables de notre Assemblée Générale dans un délai de 96h à compter de la signature de la correspondance. Passé ce délai, les étudiants des Lettres Modernes se donneront le droit de procéder à un sit-in, puis à une journée Fac Morte et enfin à un mouvement de grève générale à mesure que satisfaction ne nous est pas accordée », promettent-ils.

