Le Mali vient de remporter une victoire diplomatique significative face aux États-Unis. Le 23 octobre 2025, le Département d’État américain a annoncé le retrait du Mali de son controversé Visa Bond Pilot Program, seulement deux semaines après l’avoir inclus dans ce dispositif.
Le 8 octobre dernier, les autorités américaines avaient décidé d’inclure le Mali dans ce programme pilote qui impose aux demandeurs de visa de tourisme ou d’affaires de verser une caution comprise entre 5 000 et 15 000 dollars. Cette somme, restituable uniquement si le voyageur respecte les conditions de son séjour et quitte le territoire américain dans les délais impartis, visait officiellement à réduire le nombre de personnes restant illégalement aux États-Unis après l’expiration de leur visa. La réaction des autorités maliennes ne s’est pas fait attendre. Considérant cette mesure comme injuste et contraire à l’esprit de coopération entre les deux nations, le gouvernement du colonel Assimi Goïta a immédiatement appliqué le principe de réciprocité diplomatique. Bamako a ainsi imposé les mêmes conditions de caution aux ressortissants américains souhaitant se rendre au Mali. Cette réponse ferme mais mesurée a visiblement porté ses fruits. En moins de quinze jours, Washington a reconsidéré sa position et exclu le Mali du programme, démontrant l’efficacité de la stratégie malienne. Cette victoire diplomatique du Mali envoie un signal fort sur la scène internationale. Elle démontre qu’un pays africain, même confronté à des défis internes, peut défendre efficacement ses intérêts face à une grande puissance lorsqu’il fait preuve de détermination et utilise les leviers diplomatiques appropriés. Le programme américain reste toutefois en vigueur pour d’autres pays africains, notamment la Mauritanie, la Tanzanie, la Gambie, le Malawi et la Zambie, et ce jusqu’en août 2026 selon les informations disponibles.
Si cette crise diplomatique de courte durée semble désormais résolue, elle soulève des questions sur la nature des relations entre Washington et Bamako, déjà tendues depuis le rapprochement du Mali avec la Russie et le départ des forces françaises du pays.
✍️ Amos Doctoro GBOYOU (Stg)


