VALORISATION DU TRAVAIL DOMESTIQUE NON RÉMUNÉRÉ (TDNR) : AADEF-BENIN et le CREG outillent les Organisation de Défense des Droits des Femmes sur l’économie de soins pour l’équité intergénérationnelle

Alfred ADJOMAGBOSSOU
8 min de lecture

Dans le but d’atteindre une meilleure reconnaissance du travail domestique non rémunéré (TDNR), un atelier a été organisé le 27 février 2025 à Parakou, dans le cadre du projet « Soutenir l’élaboration de les politiques en matière de travail de soins non rémunéré pour l’équité intergénérationnelle au Togo et au Bénin ». Ce projet qui durera 2ans, porté par la coalition le Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI) Consortium Régional pour la Recherche en Économie Générationnelle (CREG), Population Référence Bureau (PRB), ainsi que par les organisations non gouvernementales partenaires telle Association d’Aide au Développement des Femmes du Bénin (AADEF-Bénin ) et l’Association Cœur Solidaire (ACS) du Togo, vise à promouvoir l’intégration du travail domestique non rémunéré (TDNR) dans les politiques publiques des deux pays. Financé par le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) du Canada, l’atelier avait pour objectif de cadrer et d’approprier ce projet, et renforcer les capacités des Organisations de Défense des Femmes (ODF) dans l’élaboration de politiques publiques inclusives. Une attention particulière a été accordée à la mise en place de mécanismes permettant d’assurer une résilience sociale et de répondre aux besoins des communautés sans se reposer uniquement sur des aides extérieures.

L’atelier a été marqué par trois présentations essentielles, animées par le Dr Camille GUIDIME, enseignant-chercheur au CREG. La première présentation, intitulée Introduction à l’économie générationnelle et aux concepts des NTA (Comptes Nationaux de Transfert) / NTTA (Comptes Nationaux de Transfert de Temps , a mis en lumière les principes de l’économie des de soins et l’importance de la prise en compte des transferts économiques entre les générations. Le Dr GUIDIME a expliqué comment ces concepts peuvent être appliqués pour mieux comprendre et intégrer les impacts du travail domestique non rémunéré dans les politiques publiques. Dans son intervention, il a souligné qu’il est “nécessaire d’humaniser les indicateurs macroéconomiques » pour mieux intégrer le travail domestique dans les comptes économiques nationaux des pays. Il a ajouté que “la valorisation du temps de travail domestique dans la création de richesse est importante. En effet, en moyenne, les femmes réalisent une production de plus de 50 millions de FCFA par semaine, qui n’est pas comptabilisée dans le Produit Intérieur Brut (PIB) .” Il a également insisté sur la nécessité de “mieux impliquer les politiques pour former des travailleurs domestiques à des métiers liés à l’économie des de soins, et d’assurer également un statut juridique aux travailleurs domestiques pour promouvoir l’équité générationnelle.” Cette approche a ouvert la voie à des discussions sur la manière de rendre plus visibles et valoriser le travail de soin domestique, en particulier ceux réalisés celui réalisé par les femmes.

La deuxième présentation a été consacrée aux résultats des NTTA pour le Bénin et le Togo, où des données probantes sur l’impact de l’économie de soins dans ces deux pays ont été partagées. Ces résultats ont permis de mieux comprendre les défis et les opportunités liés à la reconnaissance du travail domestique non rémunéré ( TNDR) Enfin, une communication stratégique sur les TDNR a été faite, présentant des approches concrètes pour intégrer cette question dans les politiques nationales, en mettant l’accent sur l’importance de la valorisation des du travail de soins non rémunérés pour un développement plus inclusif et durable.

Les parties prenantes, composées de représentants des ONG partenaires, ont grandement fortement contribué à la richesse des échanges. Les 21 participants venus de diverses organisations ont participé activement à la réflexion. Parmi les organisations présentes, on note : AES-ONG, SNA, EQUI-FILES, Fondation Yaba Bandolé, BUPDOS, GAPE, ROAFEM, AADEF-Bénin, LFUCES, CMEB, et CREG. Le Pr Latif DRAMANI, président du CREG et de la coalition ainsi que Mr Roger SEUKAP, chargé de programmes au CREG, Romain KATARO, chargé de programmes de Cœur Solidaire, et Madame NDIAYE Mame Coura, directrice du cabinet du président du CREG, ont également pris part à l’atelier par visioconférence, enrichissant la discussion de leurs expertises respectives.

Au terme des activités de cet atelier, les différents acteurs impliqués dans le projet ont fait part de leur appréciation. C’est dans ce cadre que Dr Justine Hounzame, coordinatrice du ROAFEM, est intervenue pour partager son ressenti sur l’atelier et ses attentes pour l’avenir “C’était un atelier riche en informations qui pourra orienter les actions futures en matière d’élaboration de politiques et d’actions concrètes sur le terrain, dans les espaces où, en tant qu’ONG, nous intervenons. L’engagement le plus important que nous prenons est de travailler avec les autres organisations de la coalition pour mener des plaidoyers, connaître les résultats et montrer aux autorités publiques tout l’avantage qu’il y a à valoriser ces travaux le domestiques de soins, qui sont actuellement non rémunérés et auxquels les femmes, surtout, consacrent beaucoup de temps.” a-t-elle laissé entendre. M. Gomina Kamalou, coordinateur de GAPE ONG, a également exprimé sa satisfaction concernant l’atelier. “Il faut préciser que l’atelier s’est bien déroulé. Nous allons travailler de manière efficace afin que les questions liées à la valorisation des activités domestiques soient intégrées dans les politiques publiques.” a-t-il affirmé. À son tour, M. Romain Gnammi, coordinateur Borgou de l’ONG BUPDOS, a manifesté son enthousiasme face aux résultats de l’atelier : “Cet atelier est une belle opportunité, qui nous a permis de clarifier nos idées sur ce que nous pouvons faire pour améliorer la situation économique dans nos pays, en prenant en compte la valorisation du travail domestique non rémunéré dans le calcul des agrégats économiques.”

Pour clore la séance, l’honorable Mariama Baba Moussa, Présidente du conseil d’administration de l’ONG AADEF-Bénin et présidente de la séance des ateliers, a remercié tous les participants : “Au nom de la coalition, je tiens à vous remercier d’avoir pris part aux activités. Je réitère l’engagement des organisations de défense des droits des femmes pour la suite des actions liées à ce projet. Au vu du déroulement des activités et de la participation active de tous, nous pouvons affirmer que les objectifs escomptés ont été atteints.”, preuve que cet atelier a été une réussite.

Cet atelier a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée entre les acteurs nationaux et internationaux pour élaborer des politiques publiques prenant véritablement en compte le travail de soins non rémunérés. L’économie des de soins, qui valorise le travail domestique, apparaît désormais comme un levier essentiel pour garantir le bien-être des individus et promouvoir l’équité intergénérationnelle. L’intégration des résultats des NTTA et des approches stratégiques proposées sera importante pour la mise en œuvre de politiques inclusives et adaptées, permettant aux communautés de mieux répondre à leurs besoins en soins tout en garantissant un développement durable et équitable et inclusif

✍️ Borel AWANOU

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