Pendant les vacances, des milliers d’enfants travaillent chaque jour pour survivre ou aider leur famille. Ainsi, derrière chaque plateau de marchandises, de paniers d’oranges se cache une histoire de pauvreté, de souffrance. Le phénomène est une réalité consternante et persistante au Bénin, surtout dans la zone septentrionale.
UN PHÉNOMÈNE PERSISTANT MALGRÉ LES DISPOSITIONS LÉGALES
En raison de leur immaturité mentale et parfois physique, les enfants ont besoin d’une protection, afin que leur personnalité s’épanouisse librement. Plusieurs lois et conventions encadrent le travail des enfants et interdisent parfois leur exploitation. La loi n⁰2015-08, le code de l’enfant en République du Bénin, n’est pas restée en marge de cette situation. De même, la convention n⁰182 de l’Organisation Internationale du Travail établit l’âge minimum légal du travail à 15 ans et est strictement appliquée. Cependant, on constate que même à 6 ans, les enfants sont transformés en main-d’œuvre. Selon le compte rendu de la campagne de lutte contre le travail des enfants, entre 2014 et 2021, on a observé une diminution du taux d’enfants au travail, passant de 52,5 % à 19,9 %. Une baisse réjouissante, mais qui ne masque pas la réalité selon laquelle le phénomène demeure encore très présent dans d’autres régions du pays, où des enfants de moins de 10 ans sont souvent vus transportant des marchandises d’une valeur de plus de trois mille FCFA sur la tête, leurs chaussures abîmées sous le soleil brûlant du nord du Bénin. Ce phénomène découle de diverses raisons.
LES CAUSES NOTABLES DU FLÉAU
Les éventuelles causes qui entraînent ce fléau sont, entre autres, les mariages précoces, la précarité familiale, l’absence d’accès à l’école, les conflits familiaux ou le décès des parents.
DES CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES ET DURABLES
Ce fléau reste un vrai poison pour la vie des enfants. Il présente d’énormes conséquences souvent ignorées mais très nuisibles pour l’avenir. Il s’agit de la privation de l’enfant de son droit à l’éducation, à la santé et même au repos. La nuisance à son développement physique, mental et émotionnel. L’exposition de l’enfant aux risques d’abus sexuels, de violence ou de trafic humain.
QUE FAIRE EN TANT QUE SOCIÉTÉ POUR REMÉDIER À CE FLÉAU
Plusieurs pays, dont le Bénin, ont signé et ratifié des conventions dans le but d’encadrer le travail des enfants. Mais cela peine à avoir des effets. Il urge d’aller plus loin en renforçant les contrôles et les sanctions, en soutenant les familles vulnérables, en rendant l’école vraiment gratuite et accessible, en sensibilisant la communauté, en encourageant la dénonciation des cas d’exploitation.
L’enfance n’est nullement une main-d’œuvre, la société doit donc protéger les enfants, sachant qu’une génération est sacrifiée à chaque fois qu’un enfant se retrouve à faire des travaux de brouettes, de balais et de paniers de bananes au lieu d’aller à l’école.
✍️ Jorès Nongbédji HODONOU


