À travers une manifestation organisée le dimanche 24 mars à Akassimé, en plein cœur de Lomé, l’opposition togolaise a exprimé son rejet de la nouvelle Constitution adoptée le 6 mai 2024. Ce texte, qui modifie en profondeur le système politique du pays, a instauré un régime parlementaire, remplaçant ainsi l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Des leaders politiques et des acteurs de la société civile se sont mobilisés pour dénoncer ce changement qu’ils considèrent comme un coup de force. La manifestation a servi de tribune pour réaffirmer l’opposition au texte constitutionnel et appeler à un retour à un régime présidentiel plus démocratique.
Le professeur David Dosseh, porte-parole du front citoyen Togo-Debout, a d’entrée affirme : « Nous avons voulu aujourd’hui, dans une nouvelle démarche, rencontrer les populations, discuter avec le peuple togolais et réaffirmer notre résistance farouche face à cette forfaiture qui est en fait un véritable coup de force contre le régime constitutionnel de la IVe République. » Ses mots ont résonné comme un appel à la mobilisation contre ce qu’il considère comme une menace pour les principes démocratiques du pays. Paul Dodzi Apévon, leader des Forces Démocratiques pour la République, a quant à lui interrogé la foule sur les conséquences de cette réforme : « Tant que la peur nous tient, où va le Togo ? Ils sont en train de nous couler. Le Togo s’effondre petit à petit et vous ne voyez pas. » Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance Nationale pour le Changement, a ensuite pris la parole pour condamner cette transition vers un régime parlementaire qu’il considère comme une entrave à la démocratie. Il a exprimé son inquiétude en ces termes : « En réalité, nous sommes en présence d’une Constitution qui institutionnalise une dictature personnelle et militaire. »
Pendant plus de deux heures, les leaders politiques ont échangé avec la population, et ont fait part de leur volonté de revenir à un régime présidentiel avec une élection au suffrage universel direct. Selon eux, ce basculement vers un système parlementaire remet en cause la souveraineté populaire et renforce le contrôle du pouvoir en place sur les institutions. Les manifestants ont écouté attentivement et soutenu ces propos. Reste à savoir si cette mobilisation suffira à faire changer la position des autorités et à ouvrir un débat national sur l’avenir institutionnel du pays. Les leaders de l’opposition sont déterminés à continuer leur lutte pour un retour à un régime plus démocratique, mais le chemin semble encore semé d’embûches.
✍️ Borel AWANOU


