Le jeudi 5 décembre 2024, des milliers de manifestants ont investi les rues de la ville d’Abéché, au Tchad, pour exiger le départ immédiat des troupes françaises stationnées dans le pays. Portant des pancartes avec le slogan « Tchad libre, France dégage », les manifestants ont exprimé leur désir d’une souveraineté totale, en réaction à la décision du gouvernement tchadien de mettre fin à l’accord militaire avec la France. Les manifestants, principalement des jeunes, ont bloqué les rues principales, montrant leur volonté de mettre fin à la présence militaire française sur leur sol.
Cette manifestation, marquée par une forte mobilisation, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le Tchad et la France. Abéché, une ville historique d’où ont émergé plusieurs révolutions du pays, a de nouveau été le théâtre de protestations populaires. Les manifestants ont réclamé la fin de l’influence militaire française, estimant qu’elle entrave l’indépendance nationale. Cette mobilisation survient après plusieurs mois de contestations politiques internes et de demandes de révision des relations entre les deux pays, marquées par un déclin de la confiance.
Dans la même veine, le gouvernement tchadien a mis en place une commission pour superviser la fin de l’accord militaire avec la France, considéré comme obsolète par le président Mahamat Idriss Déby. Composée d’une vingtaine de membres, cette commission est responsable de notifier la rupture de l’accord et de coordonner le retrait des troupes françaises stationnées au Tchad. Elle devra également gérer les aspects juridiques, sécuritaires et logistiques de cette décision. La commission est placée sous l’autorité du Premier ministre et présidée par le ministre des Affaires étrangères, Abderaman Koulamallah, afin d’assurer une transition ordonnée et une gestion adéquate des conséquences de cette rupture.
✍️ Borel AWANOU


