«La culture, facilitatrice de la prévention et la gestion de conflits », c’est autour de ce thème que du 09 au 12 septembre 2025, un atelier a réuni dans un même cadre éleveurs, Agriculteurs, chasseurs et force de l’ordre et de sécurité de la commune de Sinendé. Organisé par l’Ong Ensemble pour la Paix et le Développement (EPaD-Bénin) cet atelier et le choix porté sur la diversité culturelle, comme clé pour la promotion de la paix a un but bien précis. « Dans un environnement régional déjà fragilisé par la dégradation des conditions de vie et la montée de l’extrémisme violent, l’atelier de Sinendé répond à la nécessité de renforcer les mécanismes locaux de cohésion sociale et de dialogue inclusif. L’objectif principal de cette rencontre était de contribuer à la déconstruction des stéréotypes, des perceptions négatives et des préjugés qui alimentent les tensions entre communauté et entravent la bonne collaboration avec les forces de l’ordre et les comités Multi-Acteurs de gestion des conflits » a expliqué Djoudé ISSA DEMO, Directrice Exécutive de l’ONG EPaD-Bénin.
Financé par la GIZ / ZFD, cet atelier de 4 jours à permis aux acteurs de mesurer l’importance d’un client de paix. À l’issue de l’atelier, des engagements et recommandations ont été faits pour le bien de la communauté. A tout d rôle, éleveurs, agriculteurs, chasseurs, leaders traditionnels et Forces de sécurité ont lu les engagements et recommandations qui se résument en : respecter les lois et les textes en vigueur régulant l’occupation des terres et les dispositions de règlement des conflits, éviter de faire rentrer les animaux dans les champs agricoles sans permission, s’assurer d’avoir la bonne information avant d’intervenir, se référer aux forces de sécurité lors des incidents. En termes de recommandation, il faut : éviter les abus de pouvoir, s’assurer de la véracité des faits avant d’agir, reconnaître le mérite des chasseurs et faciliter une bonne collaboration. Il revient à la mairie d’integrer une ligne budgétaire pour appuyer le fonctionnement du comité Multi-Acteurs. Aux acteurs de développement, il faut appuyer le renforcement de capacités continue du comité Multi-Acteurs.

Ces différents textes ont été transmis à l’autorité communale qui se réjouit non seulement du choix porté sur Sinendé mais aussi de la qualité des sujets évoqués durant les 04 jours d’échange. « Je veux déjà vous rassurer que à la suite de ces recommandations, nous allons inscrire un point à l’ordre du jour du prochain conseil de supervision pour que ces recommandations puissent être partagées par l’ensemble des élus de la commune de Sinendé. Déjà que celà a commencé par la commune de Sinendé, je voudrais donc vous inviter à ne pas être les derniers et que les gens viennent dans la commune de Sinendé puiser des expériences de paix, de cohésion sociale et du vivre ensemble » a souhaité Issifou YACOUBOU, Premier Adjoint au Maire de Sinendé.
Le résultat de ces 4 jours de détermination est le fruit d’une collaboration fructueuse entre l’ONG EPaD-Bénin et son partenaire GIZ / ZFD. Un partenariat que le conseil d’administration de l’organisation se veut plus pérenne. « L’ONG Ensemble pour la Paix et le Développement (EPaD-Bénin) n’est pas une organisation qui défend une corporation ou une communauté, mais c’est une organisation qui prône le développement. Cette expérience que nous sommes en train de vivre est une première. Une première que nous sommes en train d’initier avec notre partenaire la GIZ/ZFD. Cela veut dire que dans les 77 communes, Sinendé est là première à avoir expérimenté ce type de mécanisme, à travers la culture pour pouvoir aboutir à la cohésion sociale. Et je pense qu’avec ce qu’on a vu au cours de ces quatre jours augure de bonnes perspectives pour la commune de Sinendé. Nous saurons compter avec l’accompagnement de notre partenaire. Je crois que le mariage a accouché d’un beau bébé et nous pensons que la dynamique va se poursuivre et nous allons impacter d’autres communes » a formulé Baguiri ANDEMI, Président du conseil d’administration de l’ONG EPaD-Bénin.

Les différents tableaux présentés par les participants montrent à suffisance à quel point cet atelier est important pour le brassage et la cohésion sociale. Et les représentants du partenaire s’en réjouissent. « Je suis très très impressionnée. La danse est un symbole de cohésion. On peut danser la danse de quelqu’un d’autre et même mélanger les danses. C’est ça pour moi la cohésion. Ce n’est pas oublier sa propre culture mais s’adapter à celle de l’autre.» a exprimé Brigitte LINK, Coordinatrice GIZ/ZFD Bénin-Niger. Elle sera soutenue dans ses propos par le conseiller technique, suivi et évaluation de la GIZ/ZFD Niger, Mahamane MOCTARI qui salut cette idée de l’ONG EPaD-Bénin. « Le résultat qui nous a été présenté traduit toute la quintessence de ce qui devrait être le ciment de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Beaucoup de mots ont été dit sur l’approche mais là il y a une pratique qu’on vient de voir. Il n’y a pas de mot pour traduire ce qu’on vient de voir et je dirai Merci à l’ONG EPaD-Bénin pour avoir initié cette activité » a-t-il dit.
Au-delà de la culture à travers la danse, cet atelier a également offert à la population de Sinendé, un tableau sportif très apprécié. Sur un même terrain, organisateurs, Chasseurs, agriculteurs, éleveurs et forces de l’ordre et de sécurité ont exprimé leur talent sportif dans une parfaite harmonie.
✍️ A. M. A.


