SI PATRICE TALON N’EN ÉTAIT POUR RIEN : Qu’attendait-t-il pour émousser l’envie de ses députés révisionnistes ?

Alfred ADJOMAGBOSSOU
3 min de lecture

Depuis quelques semaines, l’actualité qui fait le plus couler d’ancre et de salive, aussi bien dans le rang des politiques que des constitutionnalistes, est le sujet relatif à la révision de la loi fondamentale proposée par le Député Assane Seidou du parti de la mouvance Bloc Républicain. Si au sein de la mouvance présidentielle, des partis notamment « NR » de Claudine Prudencio et Moele-Bénin de Jacques Ayaji désapprouvent la démarche solitaire du Bloc Républicain qui acclame partout la démarche du Président de son groupe parlementaire et que l’opposition vent debout s’oppose farouchement, le chef de l’État qui a laissé la spéculation ronger le cœur des béninois a fini par se laver les mains et laisser Seidou et son Br seuls devant l’histoire.

En effet, le Président Patrice Talon s’est prononcé sur la question lors de sa conférence de presse du jeudi 8 février 2024, au palais de la Marina. Celui qui est vu depuis le début de cette actualité comme le principal instigateur, dit être opposé à une quelconque révision de la constitution quelle que soit sa forme. «…..Je ne veux pas qu’on touche à une seule virgule de la constitution. Je l’ai dit aux députés de la mouvance. Je ne demande aucune révision», a rassuré Patrice Talon. Mais si tel est le cas, Qu’attendait-t-il depuis le début de cette aventure maladroite pour émousser l’envie de ses députés révisionnistes ? L’opposition vent debout du peuple à cette proposition à quelques mois des élections générales de 2026 en est-il pour quelque chose dans ce revirement spectaculaire ?

À ces deux questions, difficile de donner une réponse exacte. Mais si réellement le chef de l’État était contre cette démarche, longtemps il aurait réagi. Mieux, Patrice Talon n’a pas besoin d’une conférence de presse des semaines après pour exprimer son opposition à cette démarche, un simple coup de fil suffirait pour ranger le dossier qui a déjà franchi les portes de la commission des lois de l’assemblée nationale. Il y a un jeu flou dans cette histoire. Mais il vaut mieux tard que jamais dit-on. Il faut se limiter à la relecture du code électoral tel que recommandée par les sept sages de la cour constitutionnelle. L’Union Progressiste le Renouveau qui a longtemps joué la carte de la prudence doit suivre les pas de Patrice Talon pour rassurer les béninois.

✍️ A. M. A.

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