Au Sénégal, la situation de l’opposition Ousmane Sonko se complique davantage. Son parti « Les Patriotes africains du Sénégal pour l’éthique, le travail et la fraternité (Pastef), » dissous par les autorités le 31 juillet, a annoncé son admission aux urgences dans un communiqué. Deux porte-parole et l’un des avocats de l’opposant, Me Ciré Clédor Ly, ont confirmé, sans se prononcer sur son état. Âgé de 49 ans, l’opposant a entamé une grève de la faim le 30 juillet, deux jours après son interpellation. Le Pastef a dit tenir les autorités pour « responsables » de sa santé. Ces dernières ne se sont pas exprimées sur le sujet.
Après plusieurs épisodes de contestation populaire et deux condamnations successives pour diffamation et « corruption de la jeunesse », il a été écroué sous différents chefs d’inculpation, dont appel à l’insurrection, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et atteinte à la sûreté de l’État. Déjà dans les couloirs des urgences, l’on se demande si Sonko serait visiblement prêt à passer l’arme à gauche pour sauver sa cause.
Désigné candidat à la présidentielle de février 2024 par le Pastef en dépit de son éligibilité incertaine et peu après l’interdiction d’un meeting prévu à Dakar pour officialiser sa participation à la course à la magistrature suprême, il livre un bras de fer acharné au pouvoir depuis 2021 et sa mise en cause par la justice dans une affaire de mœurs qu’il dénonce comme un complot pour l’éliminer politiquement. Si sa candidature paraît désormais peu réaliste, ses avocats soutiennent qu’il reste éligible. Dans l’affaire du Sweet Beauty en particulier, ils assurent que, Ousmane Sonko ayant refusé d’assister au procès et ayant été condamné par contumace, les textes stipulent qu’il doit être rejugé à présent qu’il a été arrêté.
✍️ Pricilia MONTCHO (Stg)

