RELECTURE DU CODE ÉLECTORAL AU BENIN : La prostitution politique en agonie ?

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Les députés de la 9ème législature ont récemment modifié et adopté le code électoral en y introduisant certaines modifications . Ces modifications, loin d’être polémiques, se révèlent être une réponse audacieuse et opportune à la question persistante de la transhumance politique qui a longtemps secoué le pays. L’une des innovations dans ce code est l’insertion de conditions rigoureuses pour qu’un candidat à la présidentielle puisse bénéficier du parrainage des députés et ou maires. Avec un quota de parrainages revu à la hausse, passant de 10% à 15%, le nouveau code vise à renforcer la légitimité des candidats en restreignant leur accès à un soutien politique généralisé. L’autre mesure encore plus significative est l’impossibilité pour un maire ou député affilié au parti au pouvoir de parrainer un candidat de l’opposition. Cette disposition, loin d’être une simple restriction, constitue une panacée directe à une catégorie de politiciens qui, depuis d’adoption du système démocratique de 1990 , ont souvent tendance à changer d’allégeance politique comme des caméléons qui se revêtent constamment d’habits. Le code électoral devient ainsi l’instrument ultime pour mettre fin à cette transhumance politique, érigeant la fidélité des élus envers leur parti et leur bord politique en principe fondamental. Tel un engagement matrimonial, les politiciens sont désormais tenus de rester fidèles à leur parti même en cas de désaccord, éliminant ainsi les revirements opportunistes qui entachent la stabilité du paysage politique béninois. Si la réforme du système partisan a constitué une première étape pour concentrer ces comportements, le nouveau code électoral s’affirme comme le coup de grâce nécessaire pour enterrer définitivement cette pratique déstabilisante. Comme une femme qui choisit délibérément de rester fidèle à son partenaire, les élus politiques sont désormais liés par le code, réduisant les risques d’instabilité politique.

En attendant qu’on ne se donne d’espoir de tourner définitivement dos à la prostitution politique au Bénin, les regards sont rivés vers les sages de la cour constitutionnelle, qui devront statuer sur la constitutionnalité de ce nouveau code. Une fois cette étape franchie, la promulgation présidentielle scellera le destin de cette réforme audacieuse, marquant une page décisive dans l’histoire politique du Bénin.

✍️ M. Alfred ADJOMAGBOSSOU

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