Un quinquennat, c’est la durée qu’aura Abdourahamane Tiani à la tête du Niger, suite à sa désignation officielle comme président de la République. Le mardi 26 mars 2025, une cérémonie d’investiture s’est déroulée au Centre Mahatma Gandhi de Niamey, signe de la mise en application des conclusions des Assises nationales. Ces dernières ont posé les fondations de la transition politique engagée par le régime militaire. Le général Tiani, qui a pris le pouvoir après un coup d’État contre le président Mohamed Bazoum en juillet 2023, voit son pouvoir désormais légitimé et reconnu. Ainsi, il devient officiellement le chef de l’État et le chef suprême des armées, une belle prouesse pour lui et une étap dans la transformation politique du pays. Ce changement se déroule dans un cadre complexe, celui de la reconstruction totale des institutions du Niger.
Le programme de transition qui se dessine au Niger repose sur un objectif ambitieux : redéfinir les institutions et restructurer les organes de gouvernance du pays. La transition, d’une durée de 60 mois, soit cinq ans, est conçue comme une période de « Refondation » et peut être prolongée selon les besoins sécuritaires et les progrès réalisés dans les réformes. Ce processus vise à établir une nouvelle structure politique et à adapter les institutions aux réalités socio-culturelles du pays. Cette approche est perçue par les autorités militaires comme une réponse aux défis internes, notamment face aux attaques djihadistes qui continuent de déstabiliser la région. Cependant, des interrogations subsistent quant à la viabilité de cette transition et aux répercussions à long terme des réformes proposées.
Parmi les réformes phares annoncées lors de cette cérémonie, la dissolution des 150 partis politiques existants a été particulièrement noté. Cette décision vise à rationaliser le système politique nigérien et à établir une nouvelle Charte des partis politiques, limitant leur nombre à cinq. Ce texte, ayant une valeur constitutionnelle, est destiné à renforcer la stabilité et la cohérence du gouvernement. L’Ordonnance N°2023-02, qui régissait auparavant le cadre des partis, a été abrogée pour laisser place à ce nouveau système. Le président Tiani, désormais vu comme le garant de la transition, travaille en étroite collaboration avec le Gouvernement de la Refondation et le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) pour appliquer ces réformes.
Le contexte international dans lequel se déroule cette transition est également essentiel. Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger a amorcé un virage stratégique vers la Russie, abandonnant ainsi ses liens traditionnels avec les pays occidentaux comme la France. Ce rapprochement avec la Russie a des implications significatives, surtout en matière de sécurité et de soutien diplomatique. Dans ce climat de tension, la transition menée par le général Tiani sera scrutée de près tant au niveau national qu’international. Le succès de cette refondation déterminera l’avenir du Niger et sa position sur la scène régionale et internationale.
✍️ Borel AWANOU


