MADAGASCAR : La destitution du Président Rajoelina actée

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Alors que la scène politique malgache est en ébullition, la présidence de Madagascar a dénoncé mardi une tentative de coup d’État après l’annonce par les militaires d’une prise de pouvoir. Dans un communiqué, la présidence assure que le président Andry Rajoelina, destitué par un vote de l’Assemblée nationale pour abandon de poste, demeure pleinement en fonction

<<La République de Madagascar ne saurait être prise en otage par la force>> a affirmé la présidence, alors que la localisation du président, réfugié dans un <<lieu sûr>> est tenue secrète. Plus tôt, une unité militaire ralliée au mouvement de contestation avait annoncé prendre le pouvoir et suspendre la constitution. Des images poignantes montrent une unité d’élite de l’armée malgache déclarant à l’AFP, le 14 octobre 2025, avoir pris le pouvoir dans le pays après la destitution de Rajoelina. Quelques heures après cette annonce, les militaires ont réitéré leur intention de prendre le pouvoir, actant la fin de la présidence d’Andry Rajoelina, destitué par un vote de l’Assemblée nationale pour abandon de poste. Cette annonce, qui intervient après une contestation généralisée dans cette île pauvre de l’océan Indien. L’unité militaire, dirigée par le colonel Michael Randrianirina, a déclaré devant le palais présidentiel d’Antananarivo qu’elle allait prendre le pouvoir et dissoudre le Sénat et la Haute cour constitutionnelle, tout en laissant l’Assemblée nationale continuer à travailler. Cette annonce a été suivie de scènes de fête et de concerts sur la place du 13-mai, un lieu symbolique baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972. La Haute cour constitutionnelle a invité l’autorité militaire compétente à exercer les fonctions de chef de l’État. Andry Rajoelina, contesté dans la rue et réfugié dans un lieu inconnu, a dénoncé le vote de destitution comme une <<réunion dépourvue de toute base légale>> et une <<tentative de coup d’État>> des militaires. Il a affirmé que <<le président demeure pleinement en fonction>> Le colonel Randrianirina a annoncé la mise en place d’un comité composé d’officiers des forces armées et de la gendarmerie, ainsi que de hauts conseillers civils, pour assurer le travail de la présidence. Un gouvernement civil sera mis en place après quelques jours. La Constitution est également suspendue, et la Capsat, unité militaire ayant joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009, a renversé le rapport de force en se joignant aux manifestations. La plupart des forces armées ont suivi, y compris la gendarmerie, auparavant en première ligne de la répression des manifestations. Au total, 130 des 163 députés ont voté en faveur de la destitution d’Andry Rajoelina, avalisée par la Haute cour constitutionnelle. Madagascar, avec une longue histoire de soulèvements populaires suivis de gouvernements militaires de transition, voit l’incertitude gagner encore plus cette île pauvre de l’océan Indien.

Les manifestants, notamment les jeunes mobilisés par le collectif Gen Z, ont exprimé leur frustration et leur désir de changement. <<Tout est corrompu à Madagascar. On en a assez. On veut un réel changement de système. Enfin avoir un avenir durable et heureux>> témoigne Koloina Rakotomavonirina, ingénieur de 26 ans.

✍️ Amos Doctoro GBOYOU (Stg)

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