FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS DES RESSORTISSANTS DE L’ATACORA-DONGA DANS LE BORGOU ET L’ALIBORI : Le Sg Célestin Kouagou et la Raf Léontine Taouema jettent l’éponge

Alfred ADJOMAGBOSSOU
6 min de lecture

(La violation des textes et la politique à outrance sont reprochées au Président Sari Kassa)

La Fédération des Associations des Ressortissants de l’Atacora-Donga dans le Borgou et l’Alibori (Farad) traverse les jours sombres de son existence. Créée avec pour objectif de défense à l’unisson, les intérêts des populations de ces deux départements face aux souffrances que leurs imposaient les citoyens de leurs lieux de résistance, la Farad a connu des règnes qui outrepassent ses principes fondamentaux. La gestion en caporal de son Président depuis maintenant une décennie n’est plus du goût des associations membres et pire de certains membres du bureau qui n’ont pas manqué de le faire savoir. Après la lettre de protestation contre le non respect des textes par plusieurs associations membres, c’est le tour maintenant des membres du bureau de mettre fin à leur séjour au sein de la fédération. Le 12 Février 2024, le secrétaire général Célestin Alphonse Kouagou a quitté. Il sera suivi de la responsable aux affaires féminines Prof Léontine Taouema.

Informée de cette crise qui secoue la Farad, la rédaction du quotidien Ducoin Infos s’est rapprochée des intéressés afin de savoir ce qui croche réellement. Mais visiblement, la politisation de l’association est l’une des raisons qui fâchent. «Il ne peut pas avoir d’association de développement sans un minimum de politique, mais quand la politique nous fait perdre de vue l’objectif principal, il y a de quoi se poser des questions» affirme Célestin Alphonse Kouagou. Mais le volet politique n’est pas visiblement la seule pomme de discorde. En effet, le temps passé à la tête de la fédération par le bureau du Président Sari Kassa est l’une des raisons qui donnent naissance à cette crise. «C’est une association et nous avons des principes de base. Ces principes ne sont plus respectés par le bureau actuel auquel nous appartenons et malgré nos sonnettes d’alarme. Est-ce que nous défendons toujours l’intérêt de nos parents, sont-ils toujours d’accord avec nous dans notre façon de faire ? C’est autant de questions qu’il faut se poser. Il y a des gens qui sont membres du bureau et certains sont affectés hors de Parakou, d’autres sont décédés (paix à l’âme de chacun d’eux) et malgré ça tout est resté tel comme si de rien n’était. Trois mandats ce n’est pas trois ans, mais c’est trois ans multiplier par trois. La Farad n’est pas un royaume pour qu’une équipe reste éternellement au poste. Moi je pense que ce n’est pas normal. On peut organiser les élections et les mêmes personnes seront reconduites et là on saura que le grand ensemble continue de nous faire confiance et ainsi les textes seraient respectés. Mais ne pas organiser les élections depuis trois mandants est une faute grave et une violence » s’est indignée Léontine Taouema, Professeur Adjoint en Soins Infirmiers et Obstétricaux, Collaboratrice à la DDESTFP-B.

Même son de cloche chez le secrétaire général pour qui, la structure est restée sans un véritable travail de développement. « Une structure ne peut pas rester éternellement gérer par les mêmes hommes si ce n’est qu’avec le quitus de ces associations et nous avons l’obligation de renouveler le bureau de façon statutaire, tous les 03 Ans. Depuis 2015, nous avons connu une léthargie et nous avons décidé de faire un consensus pour le renouvellement du bureau. Depuis 04 à 05 ans, nous sommes restés derrière le Président afin de faire respecter les textes sans suite. Nous n’avons récolté que des fausses promesses» analyse Alphonse Kouagou. Et c’est fort de tout ceci que le désormais Ex-Sg de la Farad a déposé les tabliers. «Tous les amis à qui j’expose mes difficultés dans le bureau me disent que les autres m’accusent d’être celui qui encourage le comportement du Président et si je me plains et que je suis sincère, de déposer ma démission. Ainsi donc, après échange avec ma famille et en toute responsabilité et à mon âme et conscience, j’ai décidé de déposer le tablier le 12 Février 2024 afin d’éviter que mon nom soit toujours associé à cette façon de faire. Je ne peux pas attaquer la personne de Kassa Sari parce que pour moi, le nom Kassa porte une vertus dans ma tête mais j’attaque le comportement du Président de la Farad et si j’avais à le faire, je le referai encore» réitère Célestin Alphonse Kouagou.

En clair, la crise actuelle au sein de la Fédération des Associations des Ressortissants de l’Atacora-Donga dans le Borgou et l’Alibori est loin de connaître son dernier épisode. La Fédération est disloquée et il est nécessaire, pour le bien des populations de l’Atacora-Donga résidants dans le Borgou-Alibori, que le bureau exécutif et les associations trouvent le juste milieu pur ramener la paix dans la Farad.

✍️ A. M. A.

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