(L’Ua, l’Onu et les humanitaires attendent une invitation formelle pour intervenir ?)
Bien que classé en tant que pays relativement stable dans un environnement régional mouvementé, le Sénégal connaît tout de même des tensions régulières à l’approche d’échéances électorales. Les élections présidentielles de 2024 ne font pas exception à la règle. Dans un climat très tendu, l’opposant au pouvoir Sall, Ousmane Sonko a été condamné à deux ans de prison ferme et une amende de 600.000fcfa pour corruption de la jeunesse, le jeudi 01 juin 2023, par la chambre criminelle. Même si les faits de viol et de menaces de mort sont écartés, le doute plane dorénavant sur la légitimité d’Ousmane Sonko pour faire valoir son droit électoral. La “corruption de la jeunesse”, consistant à débaucher ou à favoriser la débauche d’un jeune de moins de 21 ans, est un délit selon la loi sénégalaise, et non pas un crime comme le viol, a expliqué à l’AFP un avocat présent à l’audience, Me Ousmane Thiam. Ousmane Sonko aurait été déchu de ses droits électoraux s’il avait été condamné par contumace pour un crime comme le viol. Cependant, la requalification des faits en délit semble au vu du code électoral maintenir la menace de l’inéligibilité sur Ousmane Sonko et sur sa faculté à se présenter à la présidentielle de 2024.
CONSÉQUENCES DE LA DÉCISION DE LA CHAMBRE CRIMINELLE
Suite à cette sentence, les manifestations de sont intensifiées dans plusieurs villes et quartiers du Sénégal. À Dakar, Casamance, Zinguinchor, Rufisque, la Cité Keur Gorgui, St Louis et autres localités, les jeunes ont manifesté leur mécontentement contre cette décision qu’ils jugent « d’injustice ». À l’université Cheikh Anta Diop, des affrontements ont été notés entre forces de l’ordre et étudiants. Mieux, la faculté de droit, plusieurs infrastructures au sein du campus ont été attaqué et les rues d’accès à l’université bloquées. Dans la ville de Pikine, l’hôtel de ville et la préfecture ont été touchés par les manifestations. Le marché de Mbour et plusieurs autres infrastructures marchandes et routières ont été mis à feu par les manifestants. Une expression de mécontentement qui a coûté la vie à deux individus dont un policier. Et la cerise sur le gâteau est la note du parti de l’opposition, dont Ousmane Sonko est président, dans laquelle il demande aux Sénégalais de sortir tous dans les rues pour faire partir Macky Sall de la tête du pays.
À travers ce soulèvement populaire occasionné par la condamnation d’Ousmane Sonko, la paix et la quiétude sont menacées au pays des Lions de la Téranga. Et il sera aussi judicieux que l’Union Africaine, l’Onu et les organisations humanitaires se pressent d’intervenir avant que tout le Sénégal ne se transforme en cendre.
✍️ Alfred ADJOMAGBOSSOU

