Chaque année, la fête d’Oro, célébrée au mois d’août, ravive les tensions entre les habitants d’Illara Bénin et ceux d’Illara Nigeria, deux communautés voisines séparées par la frontière, mais unies par une histoire commune. Située à la limite entre le Bénin et le Nigeria, la ville d’Illara a longtemps été un symbole de fraternité et de libre circulation entre les deux pays.
Une fête sous tension
Autrefois, la fête d’Oro se déroulait dans une ambiance de convivialité. Trois samedis du mois d’août étaient consacrés à la célébration, sauf lorsque ces dates coïncidaient avec le jour du marché. Les habitants, des deux côtés de la frontière, participaient ensemble à la fête, symbole de leur unité culturelle et spirituelle. Cependant, cette harmonie a commencé à se fissurer il y a quelques années, à la suite de la décision d’Illara Bénin d’introniser son propre roi.
Un conflit qui perdure
Cette décision a suscité de vifs débats avec le roi d’Illara Nigeria et ses conseillers. Depuis lors, les relations entre les deux communautés se sont tendues, et la coordination autour de la fête d’Oro est devenue source de désaccords. Ce différend, initié sous le règne du premier roi d’Illara Bénin, JP Samuel Alabi ADELUI, perdure encore sous le règne de l’actuel souverain, Dr Latifou Alani ADEDIMEDJI. Chaque édition de la fête est désormais marquée par des malentendus et, parfois, des affrontements entre les jeunes des deux localités.
Un appel au dialogue
Pour de nombreux habitants, ce conflit reflète la difficulté à concilier identité culturelle et appartenance nationale dans une zone frontalière où les liens familiaux et historiques transcendent les frontières politiques. Beaucoup espèrent qu’un dialogue franc et inclusif permettra, à l’avenir, de restaurer la paix et de redonner à la fête d’Oro son esprit d’unité et de fraternité d’autrefois.
✍️ Samuel Eniola DAGBA (Stg)


