COURSE HIPPIQUE EN MARGE DE LA GAANI À KOUANDÉ : Aminou Mama Ibrahim met la culture équestre à l’honneur

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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La cité des Bagana a vibré au rythme de la Gaani, grande fête identitaire des peuples Baatombu et Boo ce samedi 13 septembre 2025. Pour cette troisième édition, un accent particulier a été mis sur la valorisation du cheval, animal de prestige et symbole culturel, à travers des compétitions de course et de danse qui ont émerveillé la population sortie nombreux.

Dans la tradition Baatonu, le cheval dépasse le simple rôle d’animal domestique. Il incarne la noblesse, la bravoure et la grandeur du wassangari. Comme l’explique Aminou Mama Ibrahim, promoteur de la compétition, « le symbolisme du cheval chez le Bariba, c’est plus intéressant que sa femme. Lors de la fête, il faut montrer quels sont ses bienfaits et ses valeurs ». C’est dans cet esprit qu’a été initiée, il y a trois ans, la compétition baptisée « le cheval de la Gaani », un rendez-vous qui vient enrichir la fête royale et donner à la population une occasion de s’approprier l’aspect culturel de la célébration avant le parcours rituel du roi.

Cette année, plus de 50 chevaux venus de différentes communes du Bénin dont Djougou, Parakou, Kérou, Kouandé, Ouassa-Pehunko et même du Togo ont pris part à la course. Organisés en séries éliminatoires, les cavaliers ont rivalisé sur l’adresse et la rapidité pour décrocher la victoire. En parallèle, la danse des chevaux, moment très attendu, a offert un spectacle rare telles que des montures entraînées à exécuter des pas rythmés au son des tam-tams, suscitant l’admiration et l’ovation du public.

À l’issue des épreuves, c’est Mouhamadou Soumanou qui a triomphé et remporte le premier prix. Il repart donc avec le prestigieux cheval de la Gaani, un animal blanc désigné comme trophée principal. D’autres récompenses, dont des enveloppes financières allant jusqu’à 50 000 Fcfa et même un poste de télévision pour le premier de la danse, ont permis de gratifier les lauréats et d’encourager les autres participants.

Au-delà de la compétition, l’événement a rassemblé une foule nombreuse et enthousiaste. Le promoteur Aminou Mama Ibrahim s’est réjoui et pour lui l’objectif est atteint. « La course manque encore d’organisation, mais je suis très content. L’année prochaine, nous espérons que ce sera encore mieux structuré. Depuis 7h30, le public est là, sans contestation ni incident » à t-il fait savoir. Si la fête fut belle, une doléance a quand même émergé sur l’absence d’un cadre approprié pour accueillir les courses et danses de chevaux. Le promoteur a donc plaidé pour la construction d’une arène culturelle à Kouandé, afin de sécuriser le public et d’offrir à la commune, un espace digne de ce rendez-vous qui prend chaque année plus d’ampleur.

En attendant cela, la Gaani de Kouandé continue d’affirmer son identité et de rappeler, à travers le cheval, toute la richesse de la culture batonu. Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition, avec l’ambition d’un spectacle encore plus grandiose.

✍️ Léonel AGALATI

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