LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ DES JEUNES AGRONOMES : Aimé Adjaho plaide pour l’intégration des diplômés agricoles dans le ProFAR

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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La salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou a abrité ce dimanche 24 août 2025 le Sommet national de l’entrepreneuriat agricole durable, initié par le Réseau des agronomes formés dans les lycées techniques agricoles du Bénin (RAF-LTA). L’événement, qui a mobilisé plusieurs dizaines de jeunes venus des différentes régions du pays, a permis de mettre en lumière la situation préoccupante des sortants de ces filières techniques, confrontés depuis plusieurs années à un chômage persistant et à un sous-emploi qui les maintiennent dans une précarité inquiétante.

Dans son allocution d’ouverture, le président du RAF-LTA, Aimé Adjaho, a insisté sur l’urgence de trouver des solutions concrètes pour ces jeunes. Selon lui, malgré leurs compétences pratiques dans divers domaines liés à l’agriculture et à l’élevage, beaucoup de diplômés végètent sans perspectives claires. Il a plaidé pour que les sortants des lycées agricoles soient intégrés de façon systématique dans les composantes 2 et 3 du Projet d’appui à la formation agricole et rurale (ProFAR), financé par l’État béninois et ses partenaires. « Nos jeunes frères et sœurs ne doivent pas être condamnés à l’errance professionnelle. Ils disposent d’atouts solides pour contribuer au développement agricole, mais faute de mécanismes adaptés, ils se retrouvent dans le chômage », a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Les participants ont profité de ce cadre pour exprimer leurs inquiétudes face à des obstacles multiples : manque d’accompagnement de l’État, absence de mentorat structuré, lourdeurs administratives et multiplicité de taxes qui freinent leurs initiatives. Plusieurs interventions ont rappelé que la précarité professionnelle n’est plus une réalité exclusive aux diplômés universitaires, mais touche également ceux qui ont choisi des filières techniques censées les rapprocher plus vite du marché du travail.

Le sommet a également enregistré la présence des représentants du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, ainsi que du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Formation technique et professionnelle. Joseph Assouto, représentant le ministère de l’Agriculture, et Ibrahima Kpekpassa, représentant le ministère de l’Enseignement supérieur, ont reconnu l’existence de freins structurels et appelé les jeunes à davantage de mutualisation à travers la création de coopératives. Selon eux, cette approche permettrait de bénéficier d’un accompagnement technique et de financements adaptés, et de sortir ainsi de l’isolement dans lequel se trouvent la plupart des diplômés.

À l’issue des échanges, l’appel lancé par Aimé Adjaho a résonné comme le message central du sommet : l’agriculture béninoise ne peut se développer sans l’intégration effective des jeunes techniciens agricoles. Le RAF-LTA entend capitaliser sur cette rencontre pour poursuivre son plaidoyer auprès des décideurs et des partenaires, afin que les compétences des sortants des lycées techniques agricoles soient pleinement mises au service du développement national.

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