HAAC / 7e MANDATURE : Édouard Cocou Loko, l’intrus qui connaît la maison !

Alfred ADJOMAGBOSSOU
5 min de lecture

De René Mègniho DOSSA à Édouard Cocou LOKO, plusieurs présidents se sont succédé à la tête de l’Institution régulatrice de l’audiovisuel au Bénin. Cependant, les professionnels des médias semblent ne pas avoir bénéficié d’un héritage concret de leur action, étant souvent sous l’influence manipulatrice de la politique. Depuis la libéralisation de l’espace audiovisuel en 1994, qui a facilité l’attribution des fréquences aux radios et télévisions privées grâce à des validations de dossiers par la HAAC, aucune avancée significative n’a été réalisée pour ces entrepreneurs précurseurs qui ont investi massivement dans ce secteur.

UN 4e POUVOIR SANS POUVOIR

La presse au pays est comparée à un enfant orphelin et malade, abandonné et livré à elle-même. Elle est comme le grand tam-tam mythique appelé « Houngan » dans le royaume de Hôgbonou, qu’on sollicite en cas de danger ou d’invasion, mais qu’on veut éloigner ou enfermer lorsqu’il est temps de partager les profits. Même un rat qui oserait faire sonner le tam-tam en laissant tomber une noix de palme dessus serait sacrifié. Ainsi, la presse est influencée par les politiciens assoiffés de pouvoir, sans supervision ministérielle, ni soutien des organisations corporatistes. Celles qui prétendent soutenir les acteurs sont divisées par des intérêts égoïstes et des purges. Certains professionnels et médias sont laissés à eux-mêmes, impliqués dans des litiges politico-judiciaires, emprisonnés et fermés, entraînant la suppression d’emplois. On se demande ce qu’il est advenu de groupes de presse comme Soleil FM et Sikka TV, La Gazette du Golfe, La Nouvelle Tribune de feu Vincent FOLLY, qui sont restés silencieux. Certains confrères élus changent de comportement, usant de discours politiques pour s’élever avant de décevoir ceux qui les ont soutenus. La carte de presse est vide de sens, moins utile qu’un badge dans certains contextes, en particulier face aux forces de l’ordre. Le Bénin a atteint des sommets en matière de liberté de presse sous le Président Kérékou en 2001, mais depuis lors, la situation s’est détériorée.

7e MANDATURE , ÉDOUARD COCOU LOKO L’INTRUS QUI CONNAIT LA MAISON

Déjà une fois vice-président sous la 4e mandature, ce professionnel bon teint aura gravi assez d’échelons d’exercice en matière de gestion des creusets des médias et surtout en tant que patron d’organe. D’où l’intrus connaissant bien la maison du 4e pouvoir à qui il faut vite restituer son pouvoir dont on l’a privé depuis des lustres. Il urge que le nouveau président et ses compères installés prennent très vite leur bâton de pèlerin et passent en revue les tares, lacunes et dysfonctionnements qui gangrènent la presse dans un diagnostic en PTA-TDA pour le bonheur des journalistes, photographes, pigistes et techniciens, afin d’arrêter rapidement la saignée de la souffrance.

LES ATTENTES EN URGENCE / ACTIVER LA CONVENTION COLLECTIVE

Il est nécessaire de revoir les pratiques des entreprises de presse en ce qui concerne les impôts. Il faut harmoniser le marché restreint de la publicité avec le service public, qui a tendance à prendre une part prépondérante, ce qui crée des doublons et nuit aux citoyens et aux fonctionnaires de l’État. Il convient de réformer la délivrance de la Carte de Presse en révisant les avantages et privilèges qui y sont liés, en simplifiant les démarches administratives pour l’obtenir. Il est également nécessaire de réguler le secteur de la presse en ligne et d’encadrer son immatriculation, en établissant des critères clairs. Il est à espérer que ces mesures, loin d’être perçues comme une contrainte pour Édouard Cocou LOKO et les Professionnels des Médias, permettront au 4e Pouvoir de regagner en légitimité et en qualité éditoriale d’ici la fin du mandat en cours à la tête de la HAAC.

✍ Morvely Éric AGBAHOUNGBA

Vues totales: 0
Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *