Des affrontements meurtriers ont opposé les forces de l’ordre béninois aux chasseurs, partisans de l’ex président Boni Yayi, pendant cinq jours. Plusieurs morts et de nombreux blessés ont été enregistrés parmi les habitants et les forces de l’ordre.
Les incidents ont démarré le mardi 11 juin, à la suite de l’arrestation de deux personnes à Tchaourou, ville d’origine de Boni Yayi, pour « violences électorales » lors des élections législatives du 28 avril dernier. Devant ce qu’elle a considéré être des « arrestations arbitraires », une partie de la population a bloqué la route nationale qui relie Cotonou, au sud, à Parakou, la plus grande ville du nord du pays. Artère économique essentielle du Bénin, l’axe a été fermé en son centre par des barricades de pneus en feu. Et l’action s’est rapidement généralisée dans tout le pays. Des forces militaires et de police, envoyées pour détruire les barrages, ont été prises à partie par les manifestants.

Les affrontements se sont prolongés jusqu’à samedi 15 juin dans les villes de Cotonou, Bohicon, Savé, Tchaourou, Parakou, Djougou et bien d’autres avec des ampleurs variant selon la ville. Les opposants au président Patrice Talon, appelés « chasseurs », ont tenu les barrages et se sont battus avec des fusils artisanaux ou à l’arme blanche. De nombreux habitants ont été touchés par les tirs à balles réelles, parfois gravement, alors que le ministre de l’intérieur a annoncé un grand nombre de blessés au sein des forces de l’ordre. Ces violences impliquant plusieurs jeunes, dont Alassane Azizou, Général civil Féléti et bien d’autres s’inscrivent dans un climat de tensions depuis les élections législatives du 28 avril, pour lesquelles les candidats de l’opposition n’avaient pas été autorisés à se présenter pour raisons administratives. En réaction, l’ancien dirigeant béninois, Boni Yayi, ennemi de longue date de l’actuel président, avait appelé au soulèvement de ses partisans et à l’annulation des élections.

Jeune leader politique et défenseur des droits humains, Alassane Azizou a disparu des radars afin d’échapper aux représailles pour son implication dans les manifestations de 2021. Dans ces violences, plusieurs jeunes Béninois ont été arrêtés et déposés en prison. D’autres ont fui le pays pour se réfugier dans les pays voisins et même sur le continent européen. À la date d’aujourd’hui, les autorités béninoises continuent la traque contre ces jeunes à l’origine de ces violences. Si le général Civil Féléti a été arrêté dans un hôtel à Parakou en 2023, Alassane Azizou, l’autre figue influente des manifestations est toujours en cavale.

Certains parents n’ont plus aucune nouvelle de leurs enfants. Sont-ils en prison ou ont-ils réussi à fuir le pays où sont-ils morts ? Des questions sans veritables réponses et qui laissent les parents dans le doute et le désarroi. Et c’est aussi le cas des parents et proches de Alassane Azizou. D’autres parents fatigués d’attendre ont fait leur deuil considérant que les enfants sont probablement morts.
✍️ A. M. A.


