RÉCURRENCE DE VINDICTE POPULAIRE AU BÉNIN : Quand la foule devient « juge et barreau » 

Alfred ADJOMAGBOSSOU
4 min de lecture

Dans un État démocratique où la justice étatique tient dans son rôle, nul ne peut se faire justice. Cependant la pratique de la vindicte populaire devient très récurrente au Bénin. À quoi peut-on assimiler cette vieille pratique, quelles en sont ses causes et quelles sont ses conséquences ? Voilà tant d’interrogations qui font couler d’ancres et de salives.

La Vindicte populaire apparaît comme une vieille pratique par laquelle un groupe de personnes se rend justice sans passer par la justice étatique qui est souvent considérée comme une justice impartiale et indépendante, mais en se basant sur des convictions personnelle. Elle peut prendre la forme de lynchages, d’humiliation, d’agression ou d’une exécution sommaire. Elle est une justice de fait et non de droit.

POURQUOI ALORS CETTE PRATIQUE ? 

Plusieurs raisons expliquent cette position des citoyens, d’abord la confusion de la vindicte populaire avec la légitime défense qui est tout autre chose, la perte de confiance dans le système judiciaire, la lenteur des procédures pénales, l’impunité. Pour beaucoup, la justice formelle est inaccessible ou inefficace et ne comble pas toujours les attentes des victimes. Le résultat est la réaction urgente de la population, poussée par l’émotion ou encore colère. Notons que plusieurs cas justifie cette récurrence précédemment mentionnée. Par illustration, pas plus tard que le jeudi 10 juillet 2025 dans la commune de savalou précisément dans l’arrondissement d’Otolla, deux individus suspectés d’assassinat sur une dame ont subit une exécution sommaire de la part de la population. C’est également le lieu de rappeler de pareil acte dont était victime un jeune étudiant confondu à un présumé voleur qui a été brûlé vif le jeudi 21 octobre 2021 au quartier Dokparou, dans le troisième arrondissement de parakou. Cette vielle pratique et illégale qui renaît n’est pas sans conséquence.

LES ÉVENTUELLES CONSÉQUENCES NÉFASTES QUE PEUT ENGENDRER CETTE PRATIQUE

Cette pratique a des conséquences sociologiques, psychologiques qu’économiques. Socialement, elle crée un climat d’insécurité et de peur où chacun peut être victime d’une accusation non fondée. Sur le plan psychologique, un traumatisme durable est notamment observé chez les victimes que les témoins. Un découragement notable de l’investissement est remarqué sur le point économique. Face à cette question qui a tant de conséquences, le droit exprimée par l’État n’est pas muet .

QUELLE EST LE REGARD DE L’ÉTAT ET DE LA SOCIÉTÉ SUR CETTE PRATIQUE ET QUELQUES SONT LES SANCTIONS PRÉVUES PAR LA LOI ?

Le regard de l’état et de la société entière reste critique sur cette question. Un citoyen de Parakou reçu a ce sujet nous confie ceci :<< Dieu est contre celà et les saintes écritures sont claires là-dessus, qui tue par épée moura par épée. Moi je ne suis jamais pour cette pratique >>. Plus encore le code pénal béninois ne reste pas en marge de cette menace. Il punit la vindicte populaire par les peines de prison qui correspondent à celles prévues aux violences contre les personnes vu que ni la doctrine, la jurisprudence et la loi ne soutiennent cela. Il ne serait pas catholique de laisser cette menace ruiner la société.

QUELQUES SOLUTIONS POUR REMÉDIER AU FLÉAU

Il est certes désolant et écœurant le fait que la pratique prend de l’ampleur mais il urge que que les autorités multiplient la politique de sensibilisation de la population sur les conséquences de cette pratique et s’acharne pour étendre la sécurité le maximum que possible. Il est normal d’avoir la justice, mais la bonne justice à travers les orages judiciaires compétents est meilleure.

✍️ Jorès Nongbédji HODONOU

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