Un avortement clandestin a tourné au drame dans le quartier Camp-Adagbè à Parakou, où le corps de la victime a été retrouvé en état de décomposition avancée. L’auteur présumé de cet acte illégal a été interpellé par les autorités. Selon les informations disponibles, l’affaire a été prise en charge par le commissariat du 2ᵉ arrondissement de Parakou, qui a rapidement réussi à appréhender le suspect.
Cet incident tragique met une fois de plus en lumière le problème de santé publique que représente l’avortement clandestin, particulièrement dans les pays en développement. Ces pratiques, souvent réalisées dans des conditions précaires, exposent les femmes à des complications graves, voire mortelles. Les méthodes utilisées peuvent entraîner des infections sévères, des hémorragies, des perforations de l’utérus et, dans les cas les plus extrêmes, la mort.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 49 % des avortements pratiqués dans le monde sont effectués de manière clandestine. Au Bénin, l’avortement est encadré par la loi n°2021-12, qui modifie et complète la loi n°2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et reproductive. Cette législation autorise l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sous certaines conditions précises : lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère ou de l’enfant, ou lorsqu’elle est le résultat d’un inceste ou d’un viol.
Pour prévenir les drames liés à l’avortement clandestin, il est impératif de renforcer la sensibilisation des populations sur les risques et les conséquences de cette pratique. Des organisations comme l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF) œuvrent déjà pour informer et outiller les jeunes et les communautés sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi que sur les moyens de prévention des grossesses non désirées.
Ce drame à Parakou rappelle l’urgence de renforcer l’éducation et l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive afin d’éviter que de telles tragédies ne se répètent.
✍️ Luccène Armel EGA


