MALGRÉ LES MILLIARDS INVESTIS DANS LA VOIRIE : Cotonou continue de boire la tasse

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Les images ont fait le tour des réseaux sociaux ce mercredi 6 mai 2026. Des rues transformées en rivières, des motos à moitié submergées, des voitures à l’arrêt sur des axes pourtant réhabilités à grands frais. Cotonou, vitrine économique du Bénin, a une nouvelle fois plié sous la pression de l’eau.

La pluie, violente et continue, a suffi à révéler une réalité que les chantiers n’ont pas encore effacée : malgré les milliards de francs CFA investis ces dernières années dans l’asphaltage et l’assainissement, la capitale économique reste vulnérable aux inondations.

Depuis 2016, le Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou et le projet Asphaltage ont englouti des centaines de milliards. Kilomètres de voiries bitumées, collecteurs construits, bassins de rétention aménagés. Sur le papier, la ville devait respirer. Sur le terrain, ce 6 mai, plusieurs quartiers centraux comme Agla, Fidjrossè, Akpakpa ou Zogbo ont pourtant bu la tasse.

La mairie, par la voix de son édile Luc Gnacadja, a rapidement communiqué. Services techniques mobilisés, équipes déployées, évacuation des eaux en cours. L’autorité municipale met en avant la cartographie récente des points critiques, censée améliorer la réactivité. Mais le maire le reconnaît lui-même : « des fragilités structurelles persistantes » minent les efforts. En cause, les couloirs naturels d’écoulement des eaux, obstrués par des décennies d’urbanisation anarchique. Constructions sur les bas-fonds, caniveaux bouchés par les déchets, exutoires sous-dimensionnés. Autant de freins que le bitume seul ne peut lever.

Pour Luc Gnacadja, il faut « accélérer les mesures d’adaptation aux changements climatiques ». Les épisodes pluvieux extrêmes deviennent la norme. Sans libération des emprises hydrauliques et sans civisme des populations, chaque saison des pluies risque de se transformer en calvaire.

En attendant, la consigne est la même : prudence. Éviter les déplacements non essentiels, contourner les zones submergées. La mairie assure que la décrue intervient généralement quelques heures après l’arrêt des pluies. Mais pour de nombreux Cotonois, bloqués chez eux ou au bureau, l’eau a déjà fait des dégâts.

✍️ A. M. A.

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