JOBS DE VACANCES : Un tremplin financier ou piège pour les étudiants vulnérables ?

Alfred ADJOMAGBOSSOU
3 min de lecture

Chaque année, la période des vacances est pour des milliers d’élèves et d’étudiants l’occasion de collecter les ressources nécessaires pour préparer la rentrée. Motivés par le besoin d’argent, ils s’engagent dans des emplois saisonniers avec l’espoir de financer leurs études. Mais derrière cette opportunité se cache parfois une réalité plus sombre que l’on ne peut imaginer.

Pour de nombreux jeunes, travailler pendant les vacances n’est pas un choix, mais une obligation. Scolarité, loyer, alimentation, les charges s’accumulent et les parents ne peuvent pas toujours tout assumer ce qui parfois insinue l’insomnie. Le job de vacances devient alors la seule issue. Au Bénin comme dans plusieurs pays africains, cette réalité est accentuée par la faiblesse des aides sociales et un soutien familial parfois insuffisant. L’étudiant se retrouve seul face à ses responsabilités financières, contraint d’accepter n’importe quelle opportunité, même dans des conditions précaires.

Mais parfois, conscients de la détresse de ces jeunes, certains employeurs en profitent. Salaires en dessous du minimum légal, horaires excessifs, absence de contrat, tâches différentes de celles annoncées, des réalités qui sont nombreux et rarement dénoncés. Par peur de perdre leur unique source de revenus, les étudiants vulnérables se taisent, renforçant l’impunité de ces pratiques. Au-delà de l’exploitation, c’est l’équilibre même de l’étudiant qui est en jeu. Les vacances devraient être une période de repos, de ressourcement intellectuel et de préparation à la nouvelle année académique. Or, un jeune qui travaille huit à dix heures par jour pendant deux mois ne se repose pas. Il accumule la fatigue, néglige ses révisions, s’éloigne de sa famille et sacrifie parfois sa santé pour un salaire souvent dérisoire. Face à la réalité, les mains restent liées. Mais que peut-on faire ?

La solution ne réside pas dans l’interdiction des jobs de vacances, mais dans leur encadrement. Il est urgent que les autorités compétentes, les associations étudiantes et les pouvoirs publics agissent tout en régularisant des secteurs comme la maçonnerie, les travaux champêtres et bien d’autres

Indispensable source de revenus pour beaucoup, le job de vacances ne doit pas se transformer en machine à broyer. Aux autorités de créer un cadre qui protège ces jeunes travailleurs sans les priver d’opportunités.

✍️ Cossi Jean ONIBOUKOU (Stg)

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