DESTRUCTION DE L’ÉDIFICE DÉMOCRATIQUE DU BÉNIN : Yayi pointe du doigt Talon et dénonce un plan de débauchage de leaders « LD » sur fond d’incitation financière

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Le président du parti Les Démocrates, Thomas Boni Yayi, a lancé de graves accusations contre le chef de l’État béninois Patrice Talon, à la suite de leur récente rencontre. L’ancien président du Bénin dénonce une dérive autoritaire et un plan visant à éliminer toute opposition politique dans le pays.

Dans une allocution publique, Boni Yayi affirme que le président Talon « renonce progressivement à faire du Bénin un État de droit et de démocratie ». Selon lui, le chef de l’État aurait exprimé sa volonté que « tout le monde doit être à la mouvance, autour de lui », signifiant ainsi la fin du pluralisme politique. L’opposant dénonce une « violation fondamentale » de la Constitution béninoise, rappelant que seuls « le peuple, les forces politiques, la société civile et les confessions religieuses » peuvent décider d’un changement de cap démocratique, à travers un dialogue politique, une Conférence Nationale ou un référendum. Boni Yayi révèle l’existence d’un « vaste plan de déstabilisation et de débauchage » visant les responsables et députés de son parti. Cette opération s’appuierait sur « des intimidations, des promesses d’incitations financières et des menaces de tout genre » pour attirer les cadres de l’opposition vers la mouvance présidentielle. Le président des Démocrates y voit une volonté délibérée « d’en finir avec le parti Les Démocrates et de détruire notre édifice démocratique », en violation des lois sur le statut de l’opposition et la charte des partis politiques. Malgré la gravité de ses accusations, Boni Yayi privilégie la voie du dialogue, suggérant à ses compatriotes de favoriser »le dialogue politique dans la résolution de cette crise politique, démocratique et électorale ». Actuellement en « retraite sanitaire » pour des soins médicaux, l’ancien chef de l’État sollicite les prières de ses concitoyens et appelle à « mettre notre confiance en Dieu ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu au Bénin, où l’opposition dénonce régulièrement un rétrécissement de l’espace démocratique depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon en 2016.

✍️ Amos Doctoro GBOYOU (Stg)

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