(Découvrez les variétés, cycles de vie et les communes productrices au Bénin)
Après le maïs, l’igname constitue le deuxième produit vivrier qui reste l’aliment de base pour une bonne partie de la population au Bénin. En fonction des périodes, on rencontre plusieurs variétés d’igname. Il y a les ignames précoces qui ont environ un cycle de six mois et les ignames tardives qui font neuf mois. Les ignames précoces sont souvent récoltés entre le mois de juillet-août-septembre et celles tardives à partir d’octobre-novembre et décembre.
Pendant la saison pluvieuse, les variétés rencontrées sont les ignames précoces. Il s’agit notamment du ‘’ Laboko’’ que les baribas appellent ‘’Kpounan’’ ; ‘’Monroko’’ ; ‘’Kpakala’’ ; ‘’Affo’’ ; ‘’Modji’’, ‘’Idani’’, etc Tandis que lors de la saison sèche, on retrouve les ignames tardives tels que : le ‘’Kokoro’’ ; le ‘’Tchakata’’. Au Bénin les zones de grande culture sont les départements du Borgou, des Collines, de la Donga, de l’Atacora et une partie du zou. « En tête, c’est le département du Borgou, précisément la commune de Tchaourou, première en matière de production puis celle de Kalalé » confie Professeur Mohamed Nasser Baco, Agrosociologue et Directeur du Laboratoire Société-Environnement à l’Université de Parakou.
L’igname est d’origine africaine ; Comparée aux autres cultures, elle fait partie des cultures du Bénin. Ce qui veut dire que pendant des siècles, certaines communions ont été développées entre les populations et l’igname. Les premières récoltes de l’année commencent par l’igname. Dès que l’igname apparait, elle met fin à la famine, à la longue sécheresse également. Au vue de son rôle déterminant en termes de sécurité alimentaire et son cycle de culture qui correspond au temps d’une grossesse normale, l’igname est célébrée par les cultivateurs avant la grande consommation. << Les cérémonies que l’on fait qui déclenche la saison de l’igname se font au niveau des tombes, des mausolées, au niveau des bois sacrés. On y laisse la part des anciens, des défunts, des disparus, des divinités. Ils consomment leurs parts avant que les humains qui sont sur terre ne consomment.>> a ajouté l’universitaire Prof Mohamed Nasser Baco.
Précisons qu’au Bénin, la localité qui célèbre l’igname est la commune de Savalou. Une tradition qui s’observe le 15 août de chaque année et qui n’a aucun lien avec la fête de l’Assomption qui signifie pour les fidèles de l’église catholique, la montée au ciel de la Vierge Marie, mère de Jésus Christ.
✍️ Hornelia ORICHA

