La Fédération des Associations d’Etudiants du Couffo en abrégé FAEC, une organisation apolitique par essence semble désormais dévoyée de ses idéaux fondateurs. Conçue pour garantir aux jeunes étudiants ressortissants des six ( 06 ) communes du département du Couffo un cadre d’expression de leurs capacités de leadership et d’épanouissement intellectuel, elle est aujourd’hui minée par des dérives. Parmi elles, nous avons la mainmise d’anciens étudiants, inéligibles qui, tout le temps nourrissent d’ambitions de conduire les instances dirigeantes de ladite fédération. Des individus ayant achevé leurs études depuis plusieurs années se permettent le vilain luxe de se disputer les postes à responsabilités au sein de la Fédération. Certains, ayant décroché le baccalauréat depuis 2011, 2012, 2013, 2014 2015 etc, et, ayant déjà obtenu leur licence, persistent à briguer des postes dans les organes tels que la Commission Électorale Fédérale Autonome (CEFA) et l’Organe de Contrôle Fédérale (OCF), malgré l’expiration de leurs droits d’inscription. Alors que ces pratiques vont à l’encontre des principes mêmes qui régissent la fédération. Les statuts sont pourtant clairs : seuls les étudiants régulièrement inscrits, encore actifs dans leurs cursus académiques, sont éligibles à ces fonctions. Mais ces mêmes anciens étudiants contournent les règles en falsifiant des documents, et jouent de ruses pour maintenir leur emprise sur les organes décisionnels.
La situation devient d’autant plus préoccupante lorsque l’on observe l’impact direct de ces manœuvres sur les jeunes générations. Ces étudiants, tout juste intégrés ou pleinement éligibles à des postes de responsabilité, se voient privés de la possibilité de tester leurs compétences et de faire leurs preuves en matière de leadership. Sinon, comment peuvent-ils développer leur potentiel si leurs aînés, déjà bien au-delà de leurs études, continuent de monopoliser les postes en se dérobant aux règles ?
Et donc, cette situation appelle à une prise de conscience collective. Il serait judicieux que ces anciens étudiants comprennent qu’ils ne sont plus en position de diriger, mais doivent au contraire jouer un rôle de mentorat et de guide pour accompagner leurs jeunes frères et sœurs dans l’acquisition de compétences en gestion et leadership. Leurs ambitions personnelles doivent céder la place à la transmission du savoir, à la préparation de la relève, et à la pérennité des acquis de la Fédération. Leur expérience, aussi précieuse soit-elle, doit désormais servir à conseiller les jeunes, non à leur barrer la route. Ils doivent accepter de passer le relais, et les jeunes doivent se saisir des opportunités qui leur sont offertes pour se former et diriger. Il en va de l’avenir de la FAEC, mais aussi de l’avenir des jeunes leaders de demain.
Par ailleurs, il n’y a pas que l’avidité pour les postes qui gangrène la FAEC. Un autre phénomène tout aussi regrettable est la politisation progressive de cette association fédérale, autrefois apolitique. Les bureaux exécutifs qui se succèdent deviennent des instruments de manipulation politique et servent de tremplin pour des carrières personnelles plutôt que d’outils de promotion du bien commun. Chaque élection pour le renouvellement des bureaux est l’occasion de débats houleux sans importances et de manœuvres souterraines, au détriment de la transparence et de la démocratie estudiantine.
Il est donc grand temps que les étudiants de la FAEC réaffirment leur attachement aux principes de transparence, de justice, et d’alternance. La FAEC ne peut prospérer que si les règles sont respectées, que si les ambitions personnelles cèdent la place à l’intérêt général, et que si la fédération reste apolitique.
✍️ Valentin AKODEDJRO


