VIE D’ACTEUR POLITIQUE AU BÉNIN : Luc Atrokpo, le Joker perd t-il déjà politiquement du terrain ?

Alfred ADJOMAGBOSSOU
9 min de lecture

Jeune aux dents longues d’ambition, son entrée et son ascension politique ont pris corps tel de l’huile dans la machine parce que se retrouvant au bon endroit et au bon moment. Aspirant séminariste à Djimè pour devenir serviteur de Dieu, le Jeune a vu son destin retourné casaque en le basculant sur le chemin politique. Ainsi prenait fin son séjour de formation en théologie ce que seul son cher ami et frère d’arme, l’Abbé KPOGUÈ qui, lui, a pu continuer et finir.

Luc Sètondji Atrokpo est devenu un véritable et redoutable animal politique au fil des années avec des stratégies. Sa gibecière politique, il s’en sert pour baliser son champ électoral tout en mettant toujours knot-out ses adversaires politiques qui lui lançaient des challenges. Voilà un monsieur qui participait en cheville ouvrière souvent près qu’à tous les coups fourrés de la Renaissance du Bénin son Parti de souche d’antan. Mais au finish, il s’en sort nickel et protégé par ses parents spirituels qu’étaient les patriarches mamie et papie Soglo sans oublier leur fils Vidjinnangni Léhady. L’on se rappelle bien comme si c’était hier l’apologie de MOREA, entendez Mouvement Restaurer l’Espoir de « l’enfant rebelle de jonquet  » Candide Armand AZANNAÏ en 2004, décidé à enterrer la RB avec un périple national de démobilisation des structures de base et bras opérationnel du parti dont celui du Zou était bien sous l’hospice du jeune premier adjoint au maire, Luc ATROKPO et consort. Des tentatives de scission avec la RB, il y en a eu d’autres courants telles celles des Nathanaël BA, Maxime HOUÉDJISSIN, Abraham ZINZINDOHOUÉ, le fugitif George BADA et autres qui ont fini par emporter le parti au delà de l’au-delà de l’enclume du fameux système partisan du régime rupturien.

De tous ces mouvements, et bruits de bottes de mésententes et de guéguerres, le jeune phénomène politique LSA en faisait partie mais toujours inébranlable dans sa posture de saint puriste et jamais chef de file d’un mouvement ou parti politique crée de son propre chef mais toujours libre sur le marché du mercato à se « vendre » très cher.

Son poids politique de premier Adjoint au Maire et puis Maire de la ville carrefour a affolé les compteurs des stars lors des scrutins électoraux avec son adhésion populaire à l’unanimité au point où il « régna » en maître incontesté et incontestable sur le « trône » de l’exécutif communal sans partage et presque applaudit de tous, surtout par ses actions dans le social auprès des femmes. Un monsieur qui ne répond jamais aux provocations ni attaques, une qualité qui fait de Luc Atrokpo, l’un des rares acteurs politiques à en avoir tel le grand camarade de lutte le feu Président Mathieu KEREKOU qui en a fait sa chasse gardée ce qui l’a propulsé à la tête du Bénin en 1996 au détriment de Nicéphore D. SOGLO. L’humilité, c’est l’autre nom de Luc Atrokpo, ce qui lui ratisse large en matière d’électorat. À l’avènement des élections présidentielles de 2016, l’ancien maire de Bohicon en a gagné en capital et bénéfices via son grand soutien au candidat Lionel ZINSOU de concert avec le fiston aimé et héritier des SOGLO, Léhady qui sont allés jusqu’à céder le logo de la RB au prix d’or. Oui le candidat Lionel Zinsou en sortant l’artillerie lourde et son armada de chéquier de grand financier banquier a obnubilé, inondé et rendu au sace Léhady, Luc et pépé Adrien HOUNGBÉDJI de milliards de FCFA pour l’avoir accepté au détriment du candidat Patrice TALON au 2e tour pire en cédant les effigies de leurs partis respectifs au profit de l’image du longiligne conseiller à l’Elysée. Luc Atrokpo est devenu si fort financièrement qu’au point où plus rien ne lui résiste. Même ses pires adversaires d’hier n’hésitent à arpenter les nuits noires pour le salamalec afin d’encaisser le pactole.

Hélas à l’élection du candidat de la rupture au pouvoir, les donnes ont changé au point où Patrice Talon a compris qu’au lieu de lutter contre ce jeune félin politique, il faudra mieux aller à la table stratégique de négociation dans le but de lui proposer beaucoup mieux en honneur et prestige que numéraire. D’où il fut catapulté sur la capitale économique, 2e commune à statut particulier après Porto Novo, la capitale politique avec une élection et choix des maires tel à la Watergate afin de l’enlever de son biberon de Bohicon en inamovible monarque conquérant. Malgré toute l’alchimie orchestrée par le pouvoir en place avec des lois modifiées en nocturne par de groupuscules de députés en mission rien que pour imposer Atrokpo Maire de Cotonou, tout le monde a compris que ce n’était qu’un cadeau empoisonné ce pseudo promotion politique afin de le lotir en carrière crépusculaire. Ce qui fut fait car depuis qu’il est devenu patron de l’exécutif communal du Littoral, par l’usure, l’oiseau politique est déplumé de ses forces d’abord par un malaise organique depuis sa nomination que dis-je son élection qui ne cesse de le hanter et aussi par des dossiers en scandale comme ceux des lotissements en Vendant des réserves administratives et consorts maladroitement gérés par ses collaborateurs d’antan sous son égide qui le guette aussi dans le retroviseur et dont on peut l’accabler à tout moment dans le but de l’assommer voire l’exterminer politiquement. Rappelons que son départ sur Cotonou a été pris par ses proches et entourages politiques comme une avancée drastique vers le fauteuil de la Marina mais une illusion de néophytes qui se dessine à eux à l’évolution des scénarios d’où aujourd’hui toute l’amertume et le désarroi qui les animent.

En somme, le séjour cotonois de Luc Sètondji ATROKPO est et demeurera purement un échec politique même si l’honneur et le prestige seront retenus par l’histoire. Mais il peut toutefois et en tout temps rebondir dans son Bohicon natal car même branlant et croulant, nul ne saurait faire le poids devant ce grand offensif politique du terroir de la 23e circonscription parce que même parmi ceux qui ne le digèrent plus parlant en mal de lui, dès qu’ils le voient en face et présent sur le terrain changent vite de posture et de version puisqu’il incarne toujours le Papa Noël qui a plus partagé la manne à tous même à ceux qui se déclarent être ses « ennemis » politique affichés chez qui st Luc n’hésite pas à s’y rendre rien que pour le jeu du terrain électoral. Ainsi on peut déclarer Luc Atrokpo détenteur du titre foncier politique de Bohicon mais avec un permis d’habiter à Cotonou qui peut lui être arraché à tout moment.

En fin pour quel avenir voire orientation de vie d’acteur politique s’accroche désormais l’ancien Maire de la ville carrefour depuis qu’il s’embrigade dans un humecta de souffrance qui ne dit pas son nom ? On espère le revoir plus requinqué d’ici les échéances de 2026 car politique, oui on le devient mais l’on ne le quitte guère même dans la tombe. St Luc est parti mais st Luc peut surgir à tout moment pour la remontada.

Maranatha, St Luc revient bientôt…

✍️ Morvely Eric AGBAHOUNGBA

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