Le fâ est une pratique religieuse ancienne et traditionnelle au Bénin qui a existé longtemps avant l’apparition de la politique moderne. Il s’agit d’une science exacte qui permet de comprendre les lois de l’univers et de s’y adapter pour le bien-être de l’individu et de la communauté. La récente consultation du fâ à Ouidah à l’occasion des festivités des religions endogènes sous le coupon de Vodun days, dévoilant le signe Sa Aklan pour l’année 2024, a suscité un débat passionné sur la légitimité de mêler cette science exacte à la sphère politique. Si certains interprètent le message du fâ comme une prédiction favorable pour le peuple béninois, d’autres soulignent des inquiétudes quant à une possible interférence politique.
«Le Fâ dit que les difficultés que les populations supportent ou vivent, se transformeront très bientôt en opportunités. Et ces opportunités-là apporteront le bonheur dans le pays.» Telle est en partie, l’interprétation faite de ce signe. Cette interprétation optimiste du fâ, prédisant une transformation des difficultés en opportunités et l’instauration du bonheur dans le pays, soulève des interrogations quant à son impartialité surtout que celui qui a dirigé le comité des rites est un député de la mouvance. Des voix s’élèvent, remettant en question l’authenticité de cette révélation et suggérant une possible influence politique derrière ces prédictions roses.
Certains observateurs estiment que le fâ semble prendre position en faveur du chef de l’État, semant ainsi le doute sur la neutralité de cette science divinatoire. Cependant, certains spécialistes du fâ aussi qualifiés, expriment des réserves quant à la positivité de Sa Aklan. Selon eux, le signe annoncerait plutôt des défis graves, notamment des pertes importantes, principalement parmi les femmes.
Cette divergence d’interprétations met en lumière la délicate frontière entre la science exacte du fâ et son implication potentielle dans le domaine politique. Les véritables initiés appellent le peuple à la vigilance, incitant à conjurer ce signe jugé néfaste pour l’avenir du Bénin.
Il est donc essentiel de maintenir la pureté du fâ et de l’utiliser uniquement dans le but de servir les intérêts spirituels des personnes qui le pratiquent. Les hommes politiques doivent se souvenir que leur rôle est de servir la communauté et de respecter ses traditions et croyances. Ils ne doivent pas abuser de la confiance des gens en utilisant des pratiques religieuses pour leurs propres fins politiques.
✍️ Valentin AKODEDJRO


