INVESTITURE DU PRÉSIDENT BÉNINOIS : Wadagni fait de la présence de Niamey, Bamako, Yamoussoukro, Abuja et de Ouagadougou, un signal de fraternité régionale

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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La cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni a eu une dimension diplomatique forte marquant la présence des pays voisins à une telle cérémonie solennelle. Dans son discours, le nouveau président a publiquement salué la présence des délégations du Niger, du Mali, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et de la Guinée Conakry leurs pays frères d’Afrique>> et <<voisins de la sous-région>>. Un geste symbolique à un moment où les relations au sein de l’AES et de la CEDEAO restent tendues.

<<À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois>> tels sont les premiers mots allant vers les pays voisins.

La présence des autorités nigériennes et maliennes à Cotonou intervient alors que les deux pays sont dirigés par des juntes militaires, ont quitté la CEDEAO et forment avec le Burkina Faso l’Alliance des États du Sahel. Le Bénin, lui, reste membre actif de la CEDEAO et partage une longue frontière avec le Niger, marquée par des incidents sécuritaires liés à la menace terroriste. En invitant et en remerciant publiquement ces délégations, Wadagni choisit la voie du maintien du dialogue bilatéral au-delà des clivages institutionnels régionaux.

Le président ne s’est pas arrêté au symbole. Il a lié la sécurité du Bénin à celle de ses voisins tout en rappelant que <<Notre région vit une période de tensions graves avec le terrorisme qui progresse. Mais je peux vous rassurer, le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement>>

Pour affermir son engagement avec fermeté, il propose est double approche se basant sur la fermeté militaire d’un côté, et de l’autre <<la poursuite du développement des services sociaux de base, l’offre d’opportunités économiques locales et le maintien de la présence effective de l’Etat partout sur le territoire>>

C’est un rappel implicite que la stabilité au Bénin passe aussi par la stabilité chez ses voisins. La coopération régionale devient donc un outil de sécurité, pas seulement de diplomatie. Reste à voir comment cette ouverture se traduira concrètement. Mais le signal est donné. Pour Wadagni, la sécurité et le développement du Bénin ne peuvent se construire sans ses voisins du Nord. « Notre sécurité, c’est notre unité ; notre unité, c’est notre force », a-t-il conclu.

✍️ Amos Doctoro GBOYOU

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