COUP D’ÉTAT EN GUINÉE-BISSAU : L’armée prend le contrôle du pays et annule les élections

Alfred ADJOMAGBOSSOU
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Un nouveau coup d’État vient de frapper l’Afrique de l’Ouest. En Guinée-Bissau, un groupe d’officiers militaires a annoncé ce mercredi avoir pris le contrôle total du pays, suspendant le processus électoral en cours et annulant les résultats de l’élection présidentielle contestée.

Cette prise de pouvoir intervient au lendemain de proclamations contradictoires de victoire par plusieurs candidats à l’élection présidentielle. Face à cette confusion et aux tensions croissantes, les militaires ont décidé d’intervenir, mettant brutalement fin au processus démocratique. Dans leur communiqué, les forces armées ont annoncé la suspension immédiate de tout le processus électoral, privant ainsi l’opposant qui revendiquait sa victoire de toute légitimité, au même titre que les autres candidats. Les nouvelles autorités militaires ont rapidement mis en place un dispositif de contrôle strict :

• Fermeture de toutes les frontières internationales

• Instauration d’un couvre-feu nocturne

• Interdiction de circulation après une certaine heure

Le Président Umaro Sissoco Embaló, qui a réussi à alerter le rédacteur en chef du magazine Jeune Afrique à Paris par téléphone, a été arrêté dans son bureau au palais présidentiel. Selon ses dires, le coup d’État aurait été orchestré par le chef d’état-major des forces terrestres. Les militaires ont également procédé à l’arrestation de :

• Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et principal opposant

• Fernando Dias, candidat de l’opposition

Tous ont été transférés vers une base aérienne du pays. Si le Président affirme avoir été arrêté sans violence, des témoins rapportent avoir entendu des coups de feu dans l’après-midi près de la résidence présidentielle. Ce coup d’État en Guinée-Bissau survient alors que la Guinée voisine venait tout juste d’adopter une loi criminalisant l’incitation au coup d’État. Le Conseil National de la Transition guinéen avait en effet voté une législation prévoyant :

• Des peines de 1 à 5 ans d’emprisonnement

• Des amendes de 50 à 100 millions de francs guinéens (5 800 à 11 600 euros)

• La dissolution potentielle des partis politiques impliqués. Cette mesure, adoptée par un régime lui-même issu du coup d’État de septembre 2021 mené par le Colonel Mamady Doumbouya, visait à prévenir de nouvelles tentatives de prise de pouvoir par la force.

La Guinée-Bissau rejoint ainsi la longue liste des pays ouest-africains ayant connu des coups d’État ces dernières années : Mali, Burkina Faso, Niger, et Guinée. Cette nouvelle crise illustre la fragilité persistante des institutions démocratiques dans la région, malgré les efforts de certains pays pour légiférer contre ces pratiques.

✍️ Amos Doctoro GBOYOU

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