Bernardin Gantin, fils d’un ouvrier des chemins de fer du Dahomey, a gravi les échelons jusqu’à devenir « numéro deux » d’une des plus vieilles institutions religieuses au monde, par la rigueur, son charisme, son humanisme et une grande finesse. De la petite cité rurale de Toffo, à quelque 63 kilomètres au nord de Cotonou, où il voit le jour, le 8 mai 1922, jusqu’à la position de Doyen du Sacré Collège, au Vatican, le cardinal Gantin se sera distingué par le travail, le sérieux, jusqu’à régner, en second, sur plus d’un milliard de baptisés. Vous savez qu’elles sont longues, les études, pour former un prêtre. Le petit-séminaire, jusqu’au bac, puis, six à sept ans au grand-séminaire (l’université des prêtres), qu’il passe au Grand-Séminaire Saint Gall de Ouidah. Il est ordonné prêtre, en 1951, sert deux ans dans son pays, avant de rejoindre Rome, poursuivre sa formation en théologie et en droit canonique, notamment à la célèbre Université pontificale du Latran.
En 1956, à seulement 34 ans, il est nommé évêque. Huit mois avant l’indépendance du Dahomey, le 5 janvier 1960, il devient archevêque métropolitain de Cotonou. Il va alors souvent représenter l’église de son pays dans les grandes réunions vaticanes, prend part, intégralement, au Concile Vatican II, et finit par être remarqué, et appelé à Rome, dès 1971, comme Secrétaire adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. En 1975, il est vice-président de la Commission pontificale Justice et paix. Un an plus tard, il en devient le président. 1977. Il est créé cardinal diacre par Paul VI. Au décès de ce dernier, le 6 août 1978, son nom est déjà suffisamment connu pour être cité comme un papabile. Il est Cardinal prêtre, en 1986, et reçoit, en prime, le diocèse suburbicaire de Palestrina, un des sept diocèses suffragants du diocèse de Rome, auxquels est rattaché un titre cardinalice. Ce sont, en somme, les sept adjoints de l’évêque de Rome, qui n’est autre que le Pape.
Le 13 mai 2008 à Paris, le cardinal tomba après plusieurs mois de combat contre le prince de la mort. Ce mardi 13 mai 2025, l’église catholique du monde entier et surtout les fidèles catholiques de l’Afrique et du Bénin singulièrement se souviennent encore de cet homme de Dieu au cœur généreux, 17ans après sa mort.
✍️ A. M. A.


