MARIAGE TRADITIONNEL EN AFRIQUE : Un héritage ancestral à l’épreuve de la modernisation

Alfred ADJOMAGBOSSOU
2 min de lecture

En Afrique et au Bénin, le mariage traditionnel est une pratique qui incarne l’avenir. Dans certaines familles, notamment au Nord, le jeune couple voulant recevoir des bénédictions doit remplir certaines conditions qui honorent et respectent étroitement la culture laissée par les anciens. Chez les filles, être descente, ne jamais par le passé avoir eu d’enfant et si possible rester vierge, etc., sont des conditions autrefois respectées dans le choix de partenaires.

Mais aujourd’hui, ces principes cardinaux jalousement gardés sont laissés de côté par la jeune génération guidée par la modernisation à outrance et les vices de la vie sexuelle. La jeune fille qui se préservait pour son futur époux n’a plus ce temps. De Mohamed à Issifou en passant par Zakari, Jean et Raymond, elle tombe enceinte et se voit abandonnée par celui à qui elle a attribué la paternité de sa grossesse, parce que ce dernier n’est pas encore responsable de lui-même, ou parfois parce que ce dernier ne voulait qu’une relation sexuelle. D’où la montée en flèche du phénomène des Mères Célibataires.

L’amour trop poussé de l’argent est aussi l’autre aspect de cette attitude qui a porté préjudice à la tradition, notamment en ce qui concerne le mariage traditionnel. Mais cette responsabilité est partagée également avec l’émergence de l’école du blanc et les religions orientales. De nos jours, avec l’école, les parents n’arrivent plus à pleinement communiquer avec leurs filles car les enseignements reçus à l’école divergent de ceux de la maison. Par ailleurs, les nouvelles religions, à travers leurs manières de répondre aux questions de l’union entre homme et femme, sont une pure contradiction par rapport à ce que enseigne la tradition africaine. À travers la politique de renforcement de la chefferie traditionnelle au Bénin, les gardiens de cette tradition doivent résolument travailler pour sauvegarder ce qui est encore possible afin que la modernisation n’efface pas toutes les pages de notre risque passé.

✍️Daniel KABO

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